AVEU EN VERS
A tenir tout a un hommaige De noble homme, puissant et saige,.
Monseigneur Pierre d’Orgemont, 5
Quy de la richesse a grant mont,
Chevalier, seigneur de Montjay ;
Par lequel commandement j’ay Fait partie certainement
D’un dénommé rimé briefment, 10
A celle fin qu’il s’en esjoye Et que madame y prengne joye De Chantilly, sa bonne amie \
Qu’a bien ménager ne fault mye ;
Car tout ce que je tien de lui, 15
C’est a cause de Chantilly,
Quy est un tresnoble chastel,
Bien séant, fort, puissant et bel
(Par le sacrement de l’autel
J'en vouldroie bien avoir un tel 20
Et il feust bien recompensez,
Et j’eusses de l’avoir assez) :
Premier mon chastel du Plessier,
Que je ne veul pas oublier,
Que plusieurs clament de Pomponne 1 2, 25
Lequel chastel pas n’abandonne,
Ce se ne sont a mes amis
Auxquels j’ay pieça mon cueur mis
A leur fere tresbonne chiere
(Ce a esté tousjours ma maniéré) ; 30
Bassecourt, les jardins d’entour:
Si contiennent bien a l’entour Sept arpens et demy de terre ;
Ja mesureur n’y convient quarre.
Cy s’ensuit les terres gaignables, 35
Qui sont bonnes et prouffitables :
1. Pierre II d’Orgemont, maître des requêtes de l’hôtel du roi, avait épousé, le 31 mars 1405, Jacqueline Paynel, qualifiée tantôt dame de Chantilly, tantôt dame de Montjay. Voy. Luce, Jeanne Paynel, p. 14 [310].
2. La localité moderne ne porte plus que le nom de Pomponne ; c’est une petite commune du département de Seine-et-Marne, arrondissement de Meaux, conton de Lagny.
RENDU A PIERRE ü’ORGEMONT
A la Cousture Saint Pharon Il y a tresbien, ce scet on,
Trente six arpens et demy,
Quatorze perches, tant en dy, 40
Dont .xxxii. sont d'une part Franchez de dismes et champart ;
En la Cousture de denier Le mien chastel dudit Plessier,
Vint et huit arpens, ne faulx mie, 45
Dix et huit perches et demie,
Tant y a bien, si com je croy (La mesure fera la foy) ;
Item, sept arpens en Boursonnes,
Qu’aucuns clament les Haultes Bonnes, 50
Avecques trois quarts et .iij. perches,
Ce veul je tresbien que tu saches Toy mesmes et par ton esquierre,
S’il t’en fault la vérité querre;
Item, trois arpens et demy, 55
Dix et neuf perches sont a my h De la Haye de Guonsainville *,
Qui n’est pas moult loing de la ville;
Item, trois quartiers au Buat
(Je n’y quiers ja trouver barat), 60
Lesquelx sont, sans nulle doubtance,
A champart du prieur de France ;
Au prieur de Sainte Celine Tiennent, que j’aime d’amour fine ;
Item, en ce lieu cinq arpens, 65
Dont je me tien a bien contens;
Item, neuf arpens aux Croisettes (Les mesures tresbien parfaittes
Y sont, je le vous certiffie,
Car trois quartiers a la Vourie 70
Y sont encor, il est tout voir ;
Je n’en quiers ja nulz décevoir) ;
En Cutery sont cinq arpens,
42 et de champart. — 46 Dix huit. — 51 Auec. — 53 et ni. — 54 enquerre. — 56 Dix neuf. — 60 trouue barart.
1. Goussainville est une commune du département de Seine-et-Oise, arrondissement de Pontoise, canton de Gonesse.
É. PICOT. — AVEU EN VERS
Aux terres de Puiseux tenans,
Avecques cinq quartiers de terre 75
(En ce lieu, n’y mez point de guerre)
Item, vint perches, ce m’ayt Dieu,
Et trente perches en ce lieu,
Toutes tenans a Jehan de Rus
(Bien seroie jolis et drus 80
Se bien j’avoie autant d’argent
Qu'il fineroit bien vraiement) ;
Item, demy arpent tresbon,
Qui est tenant a Jehan Jorion;
Item, aux jardins de La Baste 1 85
Arpent et demy (point n'ay haste Que ne fasse pour son plaisir Ce dénombrement par loisir) ;
Item, .ix. arpens un quartier
Sont ou terrouer du Plessier, 90
En deux pièces : l’une contient
Huit arpens, moult bien m’en souvient,
Tenant au grant prieur de France (Que Dieu le garde de meschance!),
Et l’autre contient cinq quartiers ; 95
A mon vivier tient, sire chiers,
De Rosières, que j’ay moult chier,
Car il m’a valu maint denier;
Item, un arpent es Esclos,
De mes bois d’une part enclos. 100
Quant au four bannier d’Iverny 2,
Vault plus de trois frans et demy,
Car Pierre Le Maistre en rent quatre,
Pour ce ne m’en veul plus débattre.
Quant a parler a ung brief mot, 105
Vray est que oudit Lestalot Rent, du four bannier du Plessier Chascun an un franc de loier ;
Item , que Jaquin Le Plastrier
78 ce ni. — 81 bien ni.
1. La Baste est un hameau de la commune du Plessis-aux-Bois, canton de Claye, arrondissement de Meaux (Seine-et-Marne).
2. Département de Seine-et-Marne, arrondissement de Meaux, canton de Claye.
RENDU A PIERRE ü’ORGEMONT
Tient a ferme le four bannier Quy bien est a La Baste assis e Parmy quatre solz parisis .
Quant aux cens de la Saint Remy, Valent douse frans et demy,
Et si portent loz, vins et ventes, Saisines, admendes, reventes,
Et pour tant se doivent tiercer, Ainsy l’ay oy deviser.
Les cens de la Corvée Ouan Si m’ont valu a la saint Jehan Vint huit solz ou environ ;
C’est assez selon la saison.
Item , quatre vins douze arpens De bois qui sont bien revenans ; Item , mon vivier de Rosières *,
Ou j’ay fait maintes bonnes chieres; A compter la fosse a poisson Et toutes les saulx d’environ,
Il vauldroit bien, selon m'entente, Trente livres tournois de rente A un riche homme qui voulloir Avroit de le faire valoir;
Drès maintenant, a mon advis,
Vault bien vint livres parisis Pour la moittié de cinq quartiers Que j’aquesté de mes deniers A un que on clam oit Godeffroy De La Pierre, en tresbonne foy.
Cellui aquest doit six deniers De droit cens aux hospitalliers,
A la saint Remy, par usaige.
Ne vous en doy foy ne hommaige, Et si puis je fere inventaire, Chascune chartre en fait mémoire, (Dont de ce j’ay Chartres notables) Desdis cens a moy prouffitables. Item , puis dire sans doubtance
111 bien m. — 118 très ni. — 143 je m.