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P. À. ING0LD

UN PRIEUR CLUNISIEN

XXXXIII. — De l’espargne qui se fera sur les deniers et revenus de la communauté, aprez le coûte qui s’en rendra chaque année a la haute et basse justice, ou en fera un fonds pour estre emploié au prodit de la communauté.

XXXXIV . — Quiconque veut habiter a S. Nicolas en qualité de bourgeois doit traiter avec le Prieur pour le droit de bourgeoisie, comme appartenant audit Prieur ainsy que ce qui revient de ceux qui demeurent audit lieu qui 11e sont pas bourgeois.

XXXXV. — Ce qui se trouve au tronc de l'egüse de S. Nicolas et ce qui s’odre a l’autel appartient au Prieur.

DEUX PAMPHLETS

CONTRE PIERRE DE HAGENBACH

PAR M. CHARLES NERLINGER

La mémoire de Pierre de Hagenbach a subi le même sort que celle de son maître, Charles le Téméraire. Le duc de Bourgogne a eu pour historien Commines, Hagenbach, le chapelain bâlois Jean Knebel. Tous deux, le chroniqueur bourguignon, comme le chroniqueur suisse, déchirent avec la même verve féroce chacun leur ennemi, sans éprouver le moindre remords, peut-être même l’homme d’église va-t-il plus loin encore que le chevalier, et, cependant Knebel n’avait pas contre Hagenbach les mêmes motifs de haine que Commines contre le Téméraire. Le chapelain bâlois accueillit avec une joie, d’une âpreté sans pareille, toutes les vilenies, tous les on-dit scandaleux courant sur le compte du défunt grand-bailli de la Haute-Alsace et les inséra dans sa chronique L

C’est lui aussi qui donna le premier l’un des pamphlets dont nous allons nous occuper 1 2. Il n’en cite pas l’auteur, mais se contente simplement de dire qu’un quidam bonus pater misit michi carmen pro pastillis in carnisprivio, in

1. Voir pour plus de détails notre étude sur Pierre de Hagenbach et la domination bourguignonne en Alsack (I4G9-1474J (Nancy, 1890, in-8°), p. 151 et suiv.

2. La chronique de Jean Knebel a été publiée dans les Basler Chroniken, par Vischer et Bernouilli (t. II III).

CH. NERLINCtRR.

DEUX PAMPHLETS

hune qui sequüur modum b Ce poème ainsi annoncé a été composé par le célèbre humaniste alsacien, Jacques Wimpheling peu de temps après l’exécution de Pierre de Hagenbach à Brisac. 11 est en latin et d’une rare violence, qui ne fait pas précisément honneur au caractère ecclésiastique de son auteur. Le second pamphlet que nous examinerons tout à l’heure, rédigé en allemand, et sans doute par un bourgeois de Strasbourg, est beaucoup moins âpre. Mais, nous savons que de tous ceux qui nous ont laissé des détails sur le grand-bailli bourguignon, ce sont précisément les membres du clergé qui se sont montrés les plus impitoyables et aussi les plus injustes. 11 suffit de comparer la chronique de Knebel et celle du bourgeois inconnu de Brisac 1 2 3 4, pour s’en convaincre. On comprendra ce fait, si l’on se souvient que Pierre de Hagenbach détestait particulièrement l’esprit d’indépendance des bourgeois des villes alsaciennes et les moeurs dissolues du clergé. Il avait cherché à détruire l’un et à réformer l’autre. Wimpheling avait épousé aveuglément la rancune de son ordre sans se préoccuper si elle était conforme à la justice ou non. De plus, en 1474, il avait vingt-quatre ans seulement et se trouvait encore à Heidelberg. Aussi n’est-il pas trop étonnant si le pamphlet se ressent de l’âge de son auteur. Nulle légèreté, nulle raillerie mordante, rien de cette vivacité spirituelle, qui furent le don, à quelques années de là, d’un de ses redoutables adversaires, le moine franciscain Thomas Murnerb Ses vers se traînent péniblement, c’est un coup de massue qu’il assène impitoyablement sur le cadavre d’un ennemi mort, que du reste, il n’avait jamais connu et dont il n’avait jamais eu à se plaindre. C’est plutôt un réquisitoire pédant qu’un pamphlet, et, quand il emploie la raillerie, il a soin de mettre en marge le mot Ironia. Il n’a pas tort de le faire, car on

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