‹ Mélanges Julien HavetChapitre 422 sur 567 · Basler Chroniken, t. 111, p · texte numérisé non relu

Basler Chroniken, t. 111, p

2. Pour Whimpheling, voir Ch. Schmidt, Hist. littéraire de l'Alsace à la fin du xve et au commencement du xvie siècle (t. I, p. 1 à 188).

3. Publiée par Mone, dans le t. III de la Quellensammlung fur badische Landesgeschichte.

4. Voir Ch. Schmidt, Hist, lût, de l’Alsace, t. II, p. 208 à 315.

CONTRE PIERRE DE HAGENBACH

aurait pu ne pas comprendre les allusions malicieuses ou ayant la prétention d’être mordantes.

Dès le début du poème reconstitué avec beaucoup de sagacité par Wattenbach et Bernouilli \ Wimpheling donne son opinion sur Pierre de Hagenbacb, en faisant dire aux gens de Brisac qui venaient de s’emparer du grand bailli :

Oepiinus hune sevum, Domino prestante, tyrannum Firmiter et vinctum forcia lora tenent.

ii r accuse de nombreux méfaits, le compare à la peste, mais se montre bon prince en lui promettant qu’il serait jugé avec équité. Quand on songe aux scandaleuses péripéties des débats de Brisac, à la suppression des pièces du procès, sans doute ordonnée parSigismond d’Autriche, cela semble une amère dérision. Si un passage du pamphlet méritait la mention marginale îronia, c’est à coup sûr celui-là.

A son tour Sigismond d’Autriche intervient et s’écrie : « Comment, cet homme cruel s'en irait sans châtiment! DH meliora velint! Non, je punirai celui qui a maltraité mon peuple ! » Puis des accusateurs se lèvent et reprochent à Hagenbach une foule de méfaits. Il y répond en disant qu’il n’avait fait qu’exécuter les ordres de son maître. Les accusateurs répondent qu’on ne doit obéissance à son maître que in rebus honestis. Enfin, les juges prononcent la sentence qui est une condamnation à mort. Le grand bailli de la Haute-Alsace fait alors un long discours, bien peu conforme à tout ce que nous savons de son caractère. 11 est en proie à un attendrissement voisin de la faiblesse, quand Wimpheling lui fait prononcer l’adieu suivant :

Karole dux, conjunx, fratres notique sodales,

Et mundi dulcis lnbrica pompa, vale !

Jam via restât atrox, instant jam tempora mortis, Inflrmis nondum viribus ipse cado.

Infelix ego sum, felix tamen esse videbar,

Heu michi, quam turpe nunc iter arripio !

Parcite, mortales, queso, michi parcite, queso !

1. Basler Chroniken, t. III, p. 381-391. Le texte donné parKnebel est fautif. Il a été rétabli par Wattenbach ( Zeitschrift fur die Gesch. des Oberrheins, t. XXII, p. 390p

CH. NERLINGER.

DEUX PAMPHLETS

Si vobis nostra vita molesta fuit;

Et, rogo, diversa mortis tormenta recedant,

Sed stricto cervix ense resecta cédât...

Il adresse ensuite à la sainte Yierge une longue oraison qui ne manque pas d’une certaine ampleur, mais qui n’est pas conforme non plus à son caractère. Tout ce récit des derniers moments de Pierre de Hagenbach est inventé de toutes pièces ; le vrai se trouve dans la Chronique rimée d'un bourgeois inconnu de Brisac qui y avait assisté. L’auteur n’était pas un ami du grand-bailli, loin de là ; il n’en reproduit pas moins avec une émotion contenue cette scène tragique et ne cache nullement la sympathie qu'il accorda en ce moment à l’attitude chrétienne, mais très ferme et très digne, du gouverneur bourguignon.

Wimpheling clôt son pamphlet par une série d’épitaphes aigre-douces à l'une desquelles il accole la qualification Ironia.

Le second pamphlet dont nous avons à nous occuper est écrit en allemand et a été imprimé à Strasbourg en 1477 *. Il comprend dix feuillets contenant 266 vers iambiques. Huit grandes gravures sur bois grossièrement coloriées représentent l’ exécution de Pierre de Hagenbach, le siège de Neuss, la bataille d’Héricourt, le portrait de Charles le Téméraire, les batailles de Granson, Morat, Nancy et enfin une procession à Strasbourg. Le volume est conservé à la Bibliothèque nationale, sous la cote : Réserve, Lb27 37, 4° et contient à la fin cette mention : Appartient à la Bibliothèque, ce 22 mars 17 92 .Desaunays* . Son histoire ne nous est pas connue. Il est relié en maroquin rouge et se trouve être aujourd’hui le seul exemplaire que nous connaissions. La bibliothèque de Strasbourg en possédait un autre, qui a été brûlé en 1870 par les bombes allemandes 1 2 3.

1. Lambinet l’attribue sans raison à l’imprimeur Mentelin ( Recherches hist. sur l’origine de l’imprimerie, p. 118).

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