Garde des imprimés de la Bibliothèque
3. Wendling et Stoeber (Die burgundiscli Hystorie von Hans Erhart Tusch, Colmar, 1876, p. 13) parlent d’un autre exemplaire qui aurait été vendu en 1854,
CONTRE PIERRE DE HAGENBACH
Il existe à la bibliothèque de Schlestadt une copie de ce poème (d’après l’exemplaire de Strasbourg), qui provient de la succession de M. Dorlan. Si nous comparons quelques extraits de cette copie donnés par Stoeber, avec l’exemplaire conservé à la Bibliothèque nationale, nous constaterons quelques divergences de texte. Sommes-nous là en présence d’erreurs du copiste, ou bien l’exemplaire de Strasbourg appartenait-il à une édition différente de celle de Paris? L’acte de vandalisme des armées allemandes 11e nous permet pas de nous prononcer à cet égard.
L’auteur du pamphlet devait être un strasbourgeois 1 et très probablement un prêtre, car son poème est émaillé de sentences religieuses et morales, d’invocations à Dieu, à la sainte Trinité et l’auteur rappelle au lecteur le respect envers le clergé. Le ton général est moins violent que celui adopté par Wimpheling, tempéré par une bonhomie malicieuse, telle qu’on la rencontre aujourd’hui parfois encore chez les représentants de vieilles familles strasbourgeoises, le tout entremêlé de sentences morales. Cet ensemble forme un mélange qui ne manque pas d’une certaine originalité et d’une certaine saveur, rehaussées encore par la variation de mètre employée par le poète, qui donne au poème une sin-
pour 350 francs, par le libraire Tross, de Paris. — Le texte de l’exemplaire de la Bibliothèque nationale est disposé sur deux colonnes, mais inégalement. Les versets ne sont pas séparés; nous donnons en appendice le texte tel qu’il a dû être sous sa forme primitive. Voici la disposition exacte du poème. Le premier feuillet est blanc, au verso se trouve l'exécution de Hagenbach à Brisac (une réduction en a été publiée par M. Laquiante dans la Revue alsacienne, 1890, p. 360, d’après un dessin de Coste). Le loi. 2, contient au recto 32 et 26 vers, au verso 31 et 16; le fol. 3, le siège de Neuss au recto et au verso 32 vers, la deuxième colonne est blanche. Au fol. 4, la bataille d’Héricourt au recto, au verso 32 et 12 vers; au fol. 5, le portrait du Téméraire au recto, au verso 32 et 28 vers; au fol. 6, la bataille de Granson au recto, au verso 20 vers, la colonne deux est demeurée blanche; au fol. 7, la bataille de Morat au recto, au verso 32 et 32 vers ; au fol. 8, 34 et 34 vers au recto et la bataille de Nancy au verso; au fol. 9, 32 et 28 vers au recto et une procession en l’honneur de la mort du Téméraire, à Strasbourg; au fol. 10, 24 vers au recto, la colonne deux et le verso sont demeurés blancs.
1. Son nom ne nous est point connu. Les lettres initiales des dix-huit premiers vers du poème donnent bien : Conradus Pfedteshém , mais nous n’avons pu retrouver ce nom dans aucun document de l’époque.
CH. NERLINCrER.
DEUX PAMPHLETS
gulière vivacité d’allure. Le texte contient de nombreuses fautes d’impression qui le rendent souvent obscur. Nous donnerons en note la leçon que nous croirons être la vraie.
Nous ne nous occuperons que de la partie concernant Pierre de Hagenbach. L’auteur débute par rappeler une calomnie lancée par ses ennemis, mais nullement prouvée, à savoir que le futur grand-bailli de la Haute-Alsace avait été obligé de quitter son pays natal à la suite d’une affaire déshonorante et s’était, réfugié à la cour de Bourgogne, mais il ne précise pas. Ivnebel et d’autres chroniqueurs hostiles parlent d’une tentative d’assassinat contre Marcard de Baldeck. Le poète strasbourgeois en conclut que Pierre de Hagenbach était un chevalier sans honneur, « comme il n’est guère possible d’en trouver un second », un homme orgueilleux n’aimant pas les bourgeois. Ceux de Tliann et de Brisac, en firent la dure expérience. Quand il eut lassé leur patience, ils se saisirent de sa personne, l’emprisonnèrent, le mirent à la torture, puis lui tranchèrent la tête. L’auteur ne veut pas raconter des traits de sa méchanceté, puisqu’il les a expiés par sa mort. 11 est plus charitable, comme on le voit, que Wimpheling et ne s’amuse pas à composer des épitaphes ironiques.
APPENDICE
Czü lob und er der trinitôt On zwyvel so wurd ich genêt Nicht abelossen 1 danck zû sagen, Richt sich darnach by sinen tagen