PREMIÈRE ÉDITION
manuscrit L — Livre III : Boèce et la Philosophie ; dans la campagne, par une fenêtre, on voit un laboureur, un semeur et un moissonneur. — Livre IY : Boèce, à qui la Philosophie donne des ailes ; un ange, Dieu. — Livre Y : Boèce, la Philosophie, un homme qui, en bêchant, trouve des pièces d’or. — Les miniatures sont charmantes, d’une fraîcheur admirable.
R. invent, réserve 388 . — Livre I (miniature transportée dans l’exemplaire précédent) : la Philosophie, Boèce dans son lit. — II : Boèce, la Philosophie, la Rhétorique, la Musique, la Fortune dans le ciel (figure voilée, une tète, sans inscription). — III : Boèce et la Philosophie. Dans le lointain, un semeur, un laboureur et un faucheur. — Les liv res IV et V manquent dans cet exemplaire. — Miniatures mauvaises, lourdement exécutées.
R. vivent, réserve 390. — I : Boèce, dans son lit, la Philosophie, Dieu apparaît dans le ciel. — II : Boèce, la Philosophie, Rhétorique, Musique; dans le ciel, la Fortune (une tête, sans inscription). — 111 : Boèce et la Philosophie; dans le lointain, un semeur, un laboureur, un faucheur. — IY : La Philosophie attache des ailes aux épaules de Boèce ; dans le lointain, Dieu. — V : Boèce et la Philosophie. Dans un paysage un homme qui, en bêchant, trouve de l’or. Dans le ciel, Dieu. — Les miniatures sont soignées, mais ne valent pas celles du n° 389 1 2.
Une remarque générale, c’est que, dans les miniatures du manuscrit, les figures que la Philosophie montre à Boèce (fig. des livres III, IY, Y) sont au premier plan; dans les miniatures des imprimés, elles sont placées dans le lointain. Ces différences, ainsi que les autres que signale notre description, n’infirment pas la ressemblance générale que présentent ces enluminures.
Comment faut-il l’ expliquer? Il n’existait pas. au xve siècle,
1. Pour le vers 4 le manuscrit a la variante : Ende ne soude nietmeer F. s.
2. Il existe, en dehors de la Bibliothèque nationale, d’autres exemplaires avec miniatures, voir par exemple le Catalogue de la bibliothèque Enschede (Haarlem, 1868), n° 2383; Catalogue Longman pour 1816 (miniatures et riches bordures), cité par Brunet, Manuel, t. I, col. 1038.
DE BOÈCE EN NÉERLANDAIS
de canon généralement reçu qui pût guider les enlumineurs de la « Consolation ». Nous avons examiné un certain nombre de manuscrits qui présentent 1a, série complète des miniatures (un pour chaque livre *) ; sauf pour le sujet obligatoire de la Fortune, les scènes représentées, différentes dans chaque manuscrit, n’avaient rien de commun avec celles que figurent les miniatures néerlandaises. — Il en est de même des miniatures d’un exemplaire sur vélin de la traduction française imprimée chez Antoine Yérard1 2 (1494), exemplaire qui a appartenu à Charles Y III.
Il faut donc admettre que nos miniatures constituent une famille nettement caractérisée, qu’elles ont une origine commune. L’hypothèse d’après laquelle celles du manuscrit auraient été copiées librement, par un artiste supérieur, d’après celles d’un imprimé (par exemple l’exemplaire R. inv. rés. 389) est insuffisante : elle n’explique pas pourquoi les autres exemplaires imprimés ont justement les mêmes sujets ; l’hypothèse inverse, d’après laquelle les miniatures des imprimés seraient imitées du manuscrit, se heurte à la difficulté que ces exemplaires imprimés (à Gand) et destinés à être enluminés, ne l’auraient été que quelques années plus tard, d’après un exemplaire conservé à Bruges.
Ce fait que l’édition était destinée à être enluminée (puisqu’on y avait ménagé de l’espace pour les miniatures) donne la clef de ce petit problème, quand on le rapproche de quelques mots de l’auteur de la traduction et du commentaire ; il dit, vers la fin de son prologue, que, pour éviter que les fautes de copistes ne se multiplient dans les différents exemplaires de son livre, il a fait déposer la première copie (den aller eersten bouc J corrigée de sa propre main, dans la librairie de la collégiale de Sainte-Pharaïlde 3 à Gand (te
1. Bibl. nat., mss. français 809, 1098, 1100 et 1101 (ces deux numéros forment un seul exemplaire).