Celles des livres II et IV
2. Voir sur ces sortes d’annotations, S. Berger et P. Durrieu, les Notes pour l’enlumineur dans les manuscrits du moyen âge , dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de France, t. LIII, p. 1-30.
3. Le texte du manuscrit semble légèrement interpolé. Vers la fin du prologue, parlant de la nécessité d’avoir des livres corrects, l’auteur cite saint Jérôme, præfat. in Job, et traduit Het es beter hebben correcte boucken dan schone ; c’est la leçon de l’imprimé ; le manuscrit ajoute endein correcte; or saint Jérôme dit simplement (édit. Migne, IX, col. 1084): liabere... non tam pulchros codices quant emendatos. Plus loin: In den welke ic onderwilende allegacicn der docteuren ghestelt hebbe, also iese. in de principale boucken vaut. Le manuscrit a: boucken der docteur envant .
DE BOÈCE EN NÉERLANDAIS
avons signalées : la ressemblance entre l’éclition imprimée et le manuscrit quant à l’aspect du texte ; la ressemblance entre les miniatures du manuscrit et celle des imprimés ; la présence de miniatures analogues dans plusieurs exemplaires imprimés, et enfin le fait que l’édition imprimée était arrangée en vue du travail de l’enlumineur.
Je voudrais ajouter quelques remarques sur le commentaire qui accompagne la traduction et qui est du même auteur. Ce commentaire est, au point de vue de la langue, une œuvre curieuse. C’est le plus ancien spécimen, si je ne me trompe, de discussion philosophique en néerlandais. Ce n’est pas la langue mystique de Ruysbroeck et de ses continuateurs qu’emploie l’auteur ; il essaye d’imiter la netteté et la précision du latin des scolastiques. L’auteur lui-même déclare qu’il a compilé « les livres principaux », qu’il a beaucoup abrégé, qu’il a ajouté des explications et des réflexions morales de son propre cru (texte imprimé, fol. 2 r°, col. b). Il serait cependant possible que l’auteur eût suivi tel commentaire plutôt que les autres, en se contentant de l’abréger et d’y ajouter de son propre fonds. Au premier abord on pourrait croire qu’il a pris pour guide le commentaire attribué d’ordinaire (à tort) à saint Thomas, commentaire réimprimé plusieurs fois à la fin du xve et au commencement du xvie siècle. Mais un coup d’œil suffit pour montrer que les deux œuvres diffèrent complètement. Il en est de même d'un second commentaire, également attribué à saint Thomas \ et qui se trouve dans plusieurs manuscrits, entre autres Bibl. nat., ms. latin 11856. Le même manuscrit contient, à côté de ce commentaire, un autre, de Nicolas de Treveth 1 2; ici encore, aucune ressemblance avec le néerlandais.
1. Quétifet Echard, Scriptores ordinis Prædicatorum , I, 343.