G. HUET. — PREMIÈRE ÉDITION
Il y a pourtant entre le néerlandais et ces commentaires certains points de contact. C’est ainsi qu’un singulier passage du prologue néerlandais (imprimé, fol. 1 v°) « liy was van also groter wysheit ende sinne dat hy in den ghemeenen raet twee hoghe meesteren onghelouich werden synde met reden ende constelike onderwisene verwan ende weder ter kennesse van onsen ghelooue brochte... >» semble une traduction maladroite du latin du pseudo Thomas (édition de Rennes, Macé, 1519, in-4°, fol. 1 v°) « disputans de fide catholica contra duos hereticos, scilicet contra Nestorium et Euticem, cum nullus esset qui eis resisteret, Boethius ipsos in communi consilio devicit... »
De même, les explications étymologiques du nom de Boèce (édition imprimée, fol.l v°, col. b) se retrouvent dans le même commentaire ; il est vrai qu’elles sont aussi dans un manuscrit de Gotha et dans les Glossæ magistri Guïllehelmi (manuscrit de Leipzig du xnT siècle 1). Il semble qu’il ait existé une sorte de fonds commun de gloses, se transmettant de commentateur en commentateur 2.
D’autre part, nous devons signaler la coïncidence que voici : des trois commentaires, celui de Nie. de Treveth est le seul qui mentionne, d’après un passage des Dialogues de saint Grégoire, la vision d’un hermite au sujet du châtiment de Théodoric (le persécuteur de Boèce) après sa mort. Voici le début du passage : « De cujus (Theodorici) morte referl beatus Gregorïus, libro quarto Dyalogorum 3, quod liora diffunctionis sue cuidam heremitæ... (Bibl. nat., manuscrit latin 11856, fol. 9 v°, col. a). Cette citation exacte semble tirée des lectures personnelles de Nie. de Treveth, et elle est bien dans l’esprit de son commentaire, beaucoup plus net et plus précis que les deux autres ; or, on la retrouve dans le néerlandais (texte imprimé, fol. 1 v°, col. a) « also dat Gregorius in libro Dyalogorum stelt, ver ha tende des een seker myrakele... »
1. Voir les passages reproduits dans l’édition du De consolatione d’Obbarius, Proleg., p. xxvi, xxvn.