‹ Mélanges Julien HavetChapitre 458 sur 567 · DE LA VITA S. EPTADII · texte numérisé non relu

DE LA VITA S. EPTADII

le rendre méconnaissable le nom d’une rivière affluent de la Cure, le Cousin, en latin Cosa ’. La confusion de qu et de c devant un o n’est pas rare à l’époque mérovingienne : M. Max Bonnet se demande si Grégoire de Tours en personne n’a pas écrit quoemendas pour coemendas 1 2, et le manuscrit même de la Vita sancti Eptadii nous offre dès les premières lignes la leçon quohortabant 3. Quant à ss pour s, si cette orthographe est peut-être moins fréquente, on en trouve aussi des exemples : dans un seul document, la fondation du monastère de Bruyères-le-Châtel (670), on lit : tessauriciate et luctuosso 4 5. La tournure Quosse ad fluvium est un peu insolite, je l’avoue, mais elle ne constitue pas une objection insurmontable

Quant à la construction du membre de phrase qui suit, voici comment elle me paraît devoir être comprise, concordia etpotentia, étant manifestement à l’ablatif: concordiâ pacis quorundam duorum regum mediante , potenliâ sv/persticiosâ (id est genres Burgundionum et Francorum) complexà , liée, etc. Je traduirais donc ainsi tout le début : « A la même époque, sur les bords de la rivière du Cousin, à l’occasion d’un traité de paix entre deux rois, une puissance extraordinaire (à savoir la nation des Bourguignons et celle des Francs) ayant été réunie, etc. » Le reste va de soi.

Plusieurs mots ont besoin d’un commentaire grammatical. Sur la construction de mediare au sens neutre, particulièrement au participe présent, je me contenterai de renvoyer à une récente note de M. Wœlffiin, le célèbre , latiniste de Munich 6. L’expression concordiâ pacis revient

1. Sur les noms de rivières de la première déclinaison qui, sous la forme -in, plus anciennement -ain, ont de nos .jours pris le genre masculin, on peut voir Romania, XXII, 489. — Remarquons que Quantin, Dict. top. de l’Yonne, ne connaît pas de texte où le Cousin soit mentionné avant 1147.

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