DE LA VITA S. EPTADII
le rendre méconnaissable le nom d’une rivière affluent de la Cure, le Cousin, en latin Cosa ’. La confusion de qu et de c devant un o n’est pas rare à l’époque mérovingienne : M. Max Bonnet se demande si Grégoire de Tours en personne n’a pas écrit quoemendas pour coemendas 1 2, et le manuscrit même de la Vita sancti Eptadii nous offre dès les premières lignes la leçon quohortabant 3. Quant à ss pour s, si cette orthographe est peut-être moins fréquente, on en trouve aussi des exemples : dans un seul document, la fondation du monastère de Bruyères-le-Châtel (670), on lit : tessauriciate et luctuosso 4 5. La tournure Quosse ad fluvium est un peu insolite, je l’avoue, mais elle ne constitue pas une objection insurmontable
Quant à la construction du membre de phrase qui suit, voici comment elle me paraît devoir être comprise, concordia etpotentia, étant manifestement à l’ablatif: concordiâ pacis quorundam duorum regum mediante , potenliâ sv/persticiosâ (id est genres Burgundionum et Francorum) complexà , liée, etc. Je traduirais donc ainsi tout le début : « A la même époque, sur les bords de la rivière du Cousin, à l’occasion d’un traité de paix entre deux rois, une puissance extraordinaire (à savoir la nation des Bourguignons et celle des Francs) ayant été réunie, etc. » Le reste va de soi.
Plusieurs mots ont besoin d’un commentaire grammatical. Sur la construction de mediare au sens neutre, particulièrement au participe présent, je me contenterai de renvoyer à une récente note de M. Wœlffiin, le célèbre , latiniste de Munich 6. L’expression concordiâ pacis revient
1. Sur les noms de rivières de la première déclinaison qui, sous la forme -in, plus anciennement -ain, ont de nos .jours pris le genre masculin, on peut voir Romania, XXII, 489. — Remarquons que Quantin, Dict. top. de l’Yonne, ne connaît pas de texte où le Cousin soit mentionné avant 1147.