P. Meyer, Recueil d’anciens textes, p. 5 et
5. Ce n’est pas tant l’inversion que l’emploi du génitif qui doit attirer l’attention : j’avoue que ce génitif m’inspire des doutes, non sur le sens du passage, mais sur l’âge reculé de la Vita sancti Eptadii.
6. Archiv fur lateinische Lexicogr., 8e année (1893), p. 594-596. Cette construction, fréquente surtout dans le latin des Pères, et qui se trouve aussi
A. THOMAS
UN PASSAGE
un peu plus loin dans la Vita sancti Eptadii et ne peut pas nous arrêter h Que l’auteur ait employé genus, quand on s’attendrait à genere, cela n'a rien de bien surprenant, car la formule ici est peut lui avoir fait perdre de vue la construction de sa phrase, alors même qu’il n’aurait pas été entraîné par la tendance romane à considérer les noms neutres en us comme invariables au singulier. Enfin, le mot le plus singulièrement employé est l’adjectif superstitiosus : je ne connais pas d’exemple d’un emploi absolument identique, mais il y en a un bien approchant dans la chronique dite de Frédégaire : « Ipse vero per me insurgunt ut agant superstic-iose. 2 » Le mot superstitiosus a été évidemment décomposé par Frédégaire, comme par l’auteur de la Vita sancti Eptadii, en « qui est super statum 3 ».
APPENDICE
Au dernier moment, M. l’abbé L. Duchesne me signale un second manuscrit, décrit récemment par les Bollandistes 4, de la Vita Sancti Eptadii, le lat. 3809 a de la Bibliothèque nationale, qui est de la fin du xivc ou du commencement du xvc siècle. Les Bollandistes me paraissent bien sévères pour le copiste à qui nous le devons quand ils
chez Grégoire de Tours, est d’origine grecque : M. Wôlfflin fait remarquer que mediarc correspond tantôt à peadw, tantôt à ixEuercûto.
1. « Propter presentis concordiam populi pacis, caritatis intuitu, etc. » Telle est la leçon du manuscrit, reproduite fidèlement par Le Cointe. Le texte Labbe- Papebroch, où on lit une virgule après populi, puis pacis et caritatis intuitu, est arrangé. C’est le rapprochement de ce passage, où concordia pacis a pour régime un second génitif, qui nous a suggéré la construction que nous adoptons, de préférence à celle-ci où le sens général est d’ailleurs le même : « concordia pacis mediante, potentiâ supersticiosâ qiiorundam duorum regum (id. est, etc.) complexâ. »
2. Ed. Krusch, p. 109 du t. Il des Script, rerum merovingicaruni . L’éditeur a relevé ce curieux emploi de supersticiose en l’interprétant par violenter; je crois que superbe vaudrait mieux.
3. Cf. les mots superstitio et superstitiosus dans Du Cange : on y trouvera quelques exemples de superstitio au sens d’excès et de superstitiosus au sens d’excessif, extraordinaire.
4. Catalogus codic, hagiogr, latin. Bibl. nat. Paris., t. I, p. 332-344.