‹ Mélanges Julien HavetChapitre 463 sur 567 · Karlamagnus Saga , éd. Unger, I · texte numérisé non relu

Karlamagnus Saga , éd. Unger, I

2. Pépins li petis rois de France ( Mainet , I, 146); D’Anseïs fu Pépins, qui pros fu et petis ( Saisnes , t. II, p. 166); Pépin le petit (Philippe Mousket, 2147, 2155, 2158), etc. — On remarquera que jamais dans les textes français du moyen âge on ne trouve ce Pépin le Bref que nos livres d’histoire se transmettent depuis la Renaissance : la forme Bref vient du Brevis des chroniqueure latins, brief n’ayant pas plus ce sens en ancien français que bref en français moderne. Nous avons vu cependant les chroniques de Saint-Denis appeler Pépin le Bref le père de Charles Martel ; mais ce n’est encore qu’une traduction littérale du Pippinus Brevis de leur modèle latin. Je citerai ici un curieux exemple de la persistance de la tradition. Catherine de Médicis, voulant marier son fils, le duc d’Alençon, avec Elisabeth d’Angleterre, demanda à l’envoyé anglais Smith si la petite taille du duc ne serait pas un obstacle. Smith répondit que non, et il cita l’exemple de Pépin le Bref, qui n’allait pas à la ceinture de la reine Berte (H. de La Ferrière, Bevue des Deux-Mondes, 15 octobre 1881, p. 889).

3. « Ly fis [de Charmartel ] fut uns nains selonc la grandeche des gens qui adont rengnoient ; et se dient alcun qu’ilh ne tenoit que trois piés et demy de long, mais je ne say queis les piés estoient, mains al jour d’huy ilh semblerait gran par raison, car ilh tenroit bien V piés selonc chen que ons trueve en une hystoire approvee... Et se vos volés savoir la veriteit de sa grandeche, si aleis en l’engliese de Harsta, et regardeis le crucifis de l’engliese, que Pépin fist faire de sa propre grandeche pour avoir perpétuel mémoire de chen » {Ly mireor des hystores, t. II, p. 484). Jean d’Outremeuse n’avait pas inventé cette histoire, qui se rattache à tous les récits pseudo-historiques par lesquels on a voulu naturaliser dans le pays de Liège la famille carolingienne. On lit dans les Gesta pontificum Tungrensium, Trajectensium et Leodiensium abbreviata (fin du xme siècle), à propos de Pipinum parvum, qui discerpsit leonem, que le roi Pépin, ayant démoli un pont de pierre, bâtit avec les matériaux une église à Herstal (Harstalium), et in eadem cruciflxum stature sue collocavit (Pertz, SS., XXV, 129, 130). Ce passage se retrouve dans d’autres chroniques du pays de Liège (voy. Hénaux, Charlemagne , Liège, 1878, p. 174). Il a été naturellement traduit par Jean des Prés (p. 484). — C’est aussi cinq pieds que donne à Pépin l’auteur de la Berte en prose de Berlin : « Il fut

pieds et demi \ taille à peine inférieure à la moyenne, même en tenant compte de la moins grande dimension du pied au xme siècle. Mais d’autres ont été beaucoup plus loin : le roman du Comte de Poitiers ne lui donne que trois pieds et demi que la petite Chronique en vers des rois de France lui accorde à peine 3; à l’exiguïté la Berta francovénitienne ajoute la difformité 4. Toutefois Pépin n’est traité de « nain », dans les textes français (excepté dans le roman du Comte de Poitiers s), que par ses ennemis 6, tandis que le bizarre Godefroi de Viterbe l’appelle toujours, sans malveillance d’ailleurs, Pippinus nanus \ en quoi il a été suivi par beaucoup de compilateurs postérieurs 8.

receu moult enviz des princes et chevaliers de son royaume, pour cause (et) ens partie qu’il avoit ung frere qui estoit aisné de luy, nommé Childerich, lequel se rendy moine (confusion d’une part avec Carloman, d’autre part avec Childéric III), et pour tant aussi que si petit estoit qu’il n’avoit mye que cincpiés de haulteur, qui leur sembloit chose non avenant (Feist, l. c.). »

1. Cinc piés ot et demi, de lonc plus n’en ot mie, Mais plus hardie chose ne fu onques choisie ( Berte , v. 44).

2. Pépins li nains, Qui n’ot que trois pies et demi (v. 10-11).

3. Pépins, Qui tant fu de petit corsage : Il n’ot de lonc en son estage Au plus que trois pies et demi (Jubinal, Nouv. rec., Il, 21). Voyez aussi ce que dit Jean des Prés dans le passage cité p. 611, n. 3.

4. 11 dit lui-même : P or que eo sui petit e desformé ( Berta di li gran pié, éd. Mussafla, v. 240), et on le décrit ainsi : Il est p>etit et non guare mie grant ; Desformé est de tote Vautra jant ; Si est groser in membres et in flanc (v. 465). Il est vrai que ses ambassadeurs avaient dit un peu différemment : Petit liomo es, ma groso est e quaré, E de ses membres est ben aformé. Tous ces détails ont été laissés de côté par Andrea da Barberino dans le livre VI des Reali di Francia.

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