‹ Mélanges Julien HavetChapitre 464 sur 567 · Voy ci-dessus, n · texte numérisé non relu

Voy ci-dessus, n

6. Ses itérés fa uns dolens nains cliaitis ( Aspremont , Hist. litt., XXII, 305); Pépins tes peres li malvais nains puans ( Og . , v. 9947) ; Dans le Maugis néerlandais Espiet dit à Charles : « J’ai bien appris que Pépin, le noble homme qui t’engendra, était un nain » (Mone, Uebersicht der mittelniederl. Volksliteratur, p. 45). Ces paroles ne se retrouvent pas dans le Maugis français, d’ailleurs très différent, qu’a publié M. Castets, et je les ai cherchées en vain dans les éditions modernes du Malegis allemand.

7. Voyez son Spéculum regum (Pertz, SS ., XXII, 90, etc.). C’est pour distinguer le grand-père du petit-fils qu’il a eu l’idée d’appeler le premier Pépin Pipinus grossus ( grossus pour lui veut sans doute dire « grand »).

8. Tous les auteurs qui mentionnent Pipinus nanus et grossus, Pépin le nain et le gros, ont puisé, directement ou indirectement, dans les écrits de Godefroi de Viterbe. Je citerai Jacques de Guyse (éd. Fortia d’Urban, t. VIII, p. 2 : Pipinus grossus ), Jacques d’Acqui (voy. ci-dessus, p. 606, n. 3), YHistoria

Ce qui peut encore nous persuader que l’histoire du combat avec le lion et la légendaire petitesse appartiennent réellement au père et non au fils de Charles Martel, c’est qu’il y a des traces incontestables de récits épiques formés autour du fils d’Anseïs. Déjà du temps de Charlemagne Paul Diacre écrivait : « Anschises 1 genuit Pippinum, quo nihil umquam potuit esse audacius 2. » A la fin du xe siècle, les Annales Mettenses, texte consacré à la gloire de la maison carolingienne et dont l’historien doit se méfier, disent en parlant du père de Charles Martel : « Cujus memorabilium gestorum commenta, quae ante principatum seu in principatu peregit, cunctis Francorum popiüis declarata coruscant 3. » Et l’auteur raconte, comme le premier des hauts faits de Pépin, une histoire qui nous représente, dit M. Rajna, une vraie « chanson d’enfances », comme nous en connaissons plus d’une. Gondouin avait tué, en trahison, Anseïs; le jeune Pépin, élevé en lieu sûr, fait tout à coup irruption dans le palais usurpé par le traître, et « puerili quidem manu, sed heroica ferocitate prostravit, haud aliter quam ut de David legitur quod Domino gubernante immanem Goliam puerili ictu prosternens, proprio gladio vita capiteque spoliavit 4 ». La comparaison de Pépin avec le

S. Arnulfi Metensis (Pei‘tz, SS., XXIV, 530, 531 : Pipinus nantis), la Genealogia ex stirpe sancti Arnulfi (Pertz, id., XXV, 382 : Pipinum nanum), Jean d’Outremeuse ( Pépin le gros, Pépin le nain).

1. Cette forme bizarre, plus tard ramenée simplement à Anchises , est donnée au nom Ansegisus pour le rapprocher de celui du père d’Enée et rappeler la descendance troyenne des Francs. L’épopée, naturellement, ignore ces fables érudites.

2. Voy. P. Rajna, Le Origini delV epopea francese , p. 245. C’est littéralement ce que dit Adenet du roi Pépin : Mais plus hardie chose ne fu onques choisie. L’anecdote rapportée ci-dessus (p. 608, n. 2) au roi pourrait donc bien aussi être originairement la propriété de son grand-père.

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