Ms. B. N. fr. 124, dernier fol
2. Doon de Maience, chanson de geste, p. p. A. Pey (Paris, 1859), v. 5.
3. Une histoire qui semble rappeler celle-là, mais qui est sans doute de pure invention, se rencontre au début du roman de Charles le Chauve (Hist. litt., t. XXV, p.94) : le roi Clotaire étant mort sans enfants, un ange apparaît aux douze pairs de France pour leur dire de ne pas se hâter de lui donner un successeur, Dieu ayant désigné pour le remplacer le roi païen Melsiau de Hongrie, qui en effet plus tard, à la suite d’un miracle, est baptisé et devient Charles le Chauve. Nous avons vu plus haut (p. 605), ce nom donné par Jean Bodel à un des prédécesseurs de Pépin.
Agnolonon rimase reda, ma rimase (sic) uno siniscalco ch’era molto gagliardo e buono uomo, e di questo siniscalco si nacque lo re Pipino 1 ». Un petit poème généalogique composé en 1382 2 présente les choses différemment : effaçant presque complètement la tradition déjà bien obscurcie dans le Fioravante , il donne simplement au roi Gisberto un fils appelé Angelino, père d’un certain Amilio, Quale a Pippino poi fe’ fare omaggio 3. On voit que dans la tradition représentée par ces deux passages s’est conservé plus ou moins vaguement le souvenir d'un « ange » qui, avant Pépin, aurait régné sur la France ; mais précisément ce « roi ange » n’est directement rien à Pépin 4 : dès lors que veut dire, dans
1. Dans Rajna, I Reali di Francia, vol. 1 (1872), p. 489. Le nom de Michèle , ajouté à Agnolo, est visiblement dû au rédacteur du Fioravante, et lui a été suggéré par l’association habituelle entre Michel et ange. Il est clair que le compilateur ne sait plus ce que c’est que ce « roi ange ».