‹ Mélanges Julien HavetChapitre 468 sur 567 · Voy. Romania, II, 355; XIII · texte numérisé non relu

Voy. Romania, II, 355; XIII

3. Voyez H. Varnhagen, Ein indisches Miirchen auf seiner Wanderung (Berlin, 1882), p. 23.

4. Le Dit du Magnificat (Scheler, Dits et contes de Raudouin et Jean de Condé, t. II, p. 355 et ss.), v. 175 : Et li rois angles gouvrenoit Son roiaume et con rois regnoit;de mèmev. 297, 338.

5. Dans le Fioravante, où tout ce récit est fort altéré, Gisberto, devenu lépreux, confie son royaume à Rizieri et se retire au désert pour faire pénitence; le souvenir de la forme primitive n’est resté que dans le nom d'Agnolo.

est-il avec Pépin? On ne peut supposer qu’il fût son père, sa mère étant la femme du sénéchal de Girbert; mais on peut croire que l’ange, en rendant son trône à Gisbert repentant, lui désignait le jeune fils du sénéchal comme devant être son successeur. C’est ce qui pouvait justifier, pour la famille issue de Pépin, la désignation de « geste de Pépin et de 1 ange ». Toutefois il reste encore sur ce point quelque obscurité ; ce qui est seulement clair, c’est que l’histoire de la dépossession temporaire du roi orgueilleux s’était très anciennement attachée à un prétendu roi de France appelé Girbert, dont on faisait en même temps le dernier des descendants de Floovent et le prédécesseur de Pépin.

Dans la tradition française la plus répandue, le père de Pépin était déjà roi, et le changement de dynastie s’était opéré en faveur de son père ou d’un de ses aïeux 1 . Mais ce changement n’avait pas été accepté sans protestation au moins d’un côté, et les rois des Saisnes, descendants d’une fille de Floovent, se prétendaient les héritiers légitimes de la couronne de France ; tel était le motif des guerres incessantes entre Saisnes et Francs, reprises de génération en génération depuis «le tens Anseïs » et terminées seulement par Charlemagne 2.

1. Je mentionnerai ici la singulière invention de l’auteur du poème allemand Rother, qui écrivait en Bavière vers le milieu du xne siècle. D’après lui, Pépin est le fils du roi Rother et de la fille de l’empereur de Constantinople; son père, l’ayant armé chevalier, se retire du monde et le fait couronner à sa place (pour les références, voy. Golther, Geschichte der deutsthen Litteratur, p. 101). Pour le récit encore plus aventureux du poème allemand de la Bonne Dame, voy. Hist. poét. de Charlemagne, p. 226.

2. Les révoltes et les trahisons de Grifon, fils de Charles Martel et de la bavaroise Svanahild, qui se terminèrent par sa mort tragique et prématurée en Maurienne, ont sans doute donné lieu à des récits épiques. C’est bien à tort que M. Riezler (voy. Remania, XXII, 328) a voulu voir dans ce jeune rebelle le prototype du vieux et fidèle Naimon de Bavière ; mais il est possible, comme l’ont indiqué MM. Nyrop ( Storia delV epopea francese, p. 159, note 2) et O. Schultz ( Zeitschrift fur rom. Philologie, XVIII, 129) et comme l’a aussi conjecturé M. Rajna, que le nom de Grifon survive dans le Grifon d’ Autefeuüle dont plusieurs textes poétiques font le chef de la geste des traîtres : père de Ganelon, il est par là même le contemporain de Pépin. Peut-être l’histoire de Grifon se retrouvait-elle au moins en partie dans celle qu’un poème dont nous ne connaissons que l’existence prêtait à son petit-fils, l’enfant Gt'i-

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