‹ Mélanges Julien HavetChapitre 47 sur 567 · Hinscliius, Kirchenrecht, I, 573, note · texte numérisé non relu

Hinscliius, Kirchenrecht, I, 573, note

BRUNO KRUSC1I

LA FALSIFICATION

haut intérêt politique, que les écrivains ne se sont pas posées alors seulement pour la première fois. Il est d’autant plus à regretter que le chapitre suivant laisse paraître sous un jour faux sa véridicité. L’histoire du comte Agrippinus — le soupçon que conçut Egidius sur son projet de livrer par envie le domaine romain aux barbares et la découverte de son innocence — est à peu près en contradiction flagrante avec le renseignement donné par Idace 1 sur la remise par trahison de Narbonne aux Goths faite par le comte. En parlant d’envie 2, le biographe semble avoir utilisé non ce chroniqueur, mais plutôt son copiste, Frédégaire (II, 56) 3.

Grégoire n’a point écrit la vie d'Eugendus. D’après le biographe le saint, depuis sa septième année jusqu’à sa mort, n’aurait point franchi le seuil du monastère de Condatisco, sans doute pour faciliter à son prétendu disciple le récit de sa vie. Celui-ci y cite une lettre de Grégoire de Néocésarée qu’il connaissait par Rufin (Ilist. eccles., III, 11). Mais il a pris pour l’auteur de la lettre Grégoire le Grand « Gregorius quondam Magnus », et un véritable écrivain du début du \T siècle ne l’aurait pas mieux connu. Il aurait cependant pu savoir le nom du précédent abbé de Condatisco, et justement, sur ce point, il ne satisfait pas notre curiosité, s'en tenant à des expressions générales «.pater ille », « decessor », et tourne la difficulté. Nous aurions appris volontiers quelque chose de plus précis sur la règle de Romain et de Lupicin. A la fin de son premier livre, il se réfère au troisième ; et dans celui-ci, il énumère les règles que les frères ne suivaient pas : celle de saint Basile, celle de Lérins, celle de Pachôme et de Cassien, et pense qu’en considération du climat gaulois, ils se seraient dirigés d’après celle-ci « ista », plutôt que d’après celles d’Orient. Il semble donc prendre les habitants de Lérins et Cassien pour des orientaux, et il ne donne aucune description de la règle jurassienne, et il

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