Jubinal, Noue. recueil, t. II, p
2. Mainet (dans le t. IV de la Romania), IV, 54 ss. — Dans un autre passage, le roi de Tolède Galat're dit en parlant de soudoyers (je mets en italique les fins de vers manquantes suppléées) : « Plus lor donrai detere conques n’en tint Pépin, Li petis rois de France qui tant fu de franc lin, Qui m’ocist Justamont que t enoie a cousin. Cette restitution est justifiée par un vers des Saisnes, p. 12, où on dit à Guiteclin : Marsiles tes cousins (Marsile est le fils de Galafre) ; sur ce vers, cl’. Romania, XI, 494.
3. Pépin, dit ce poème, a conquis la Saxe sur Carsadoine (le ms. Harl. 4404 porterait Lazadoine), dont il avait tué le frère Justamont (Sachs, Beitræge, p. 9).
4. 11 est à noter que cet exploit de Pépin est précisément le même que le vieux poème sur la guerre de Saxe résumé dans le Liber historiae Francorum attribue à Clotaire : il tue le roi des Saisnes Bertoald et élève sa tête au bout d’une perche {in conto, sans doute d’une lance). Voy. Krusch, Scriptores rerum merovingicarum, II, 314.
5. Chroniques deJ.ehan des Prêts, t. II, p. 403. L’éditeur met en note cette remarque singulière : « Ce récit doit s’appliquer à la bataille de Poitiers, et Juscalmont cache l’émir Abderam ou Abd-el-Rahman. » D’après Jean des Prés Juscalmont aurait été le père, non de Guiteclin, mais de Bramont ou Braimont, tué plus tard par le jeune Charles : c’est de l’invention du compilateur.
chroniqueur liégeois raconte d’autres hauts faits de Pépin en Allemagne, accomplis du vivant de son père : nous avons déjà parlé de la guerre de Bavière où il tua le lion 1 ; plus tard il combat à Bastogne le païen Plandris, est fait prisonnier, emmené à Liège et délivré 2. Devenu roi, il reprend la guerre de Saxe et, après de nombreux exploits, pris encore une fois par les païens, il est emmené « en Allemaigne mult parfont en castel de Portangne, et l’ont longuement celeit. » En France on le croit mort et on célèbre ses obsèques à Saint-Denis ; mais un jour le Saisne Guimer, pris par Doon de Mayence, lui révèle la prison de Pépin et le fait remettre en liberté 3. — Une autre captivité de Pépin, enlevé à la chasse par « Brenehaut de Sassoigne », emmené à Tremoigne et délivré par son neveu Landri au moment où il va être mis à mort, est probablement de l’invention de l’auteur de Doon de la Roche 4 5. — C’est encore à une expédition en Allemagne que se rapporte l’allusion de Doon de Maience , d’après laquelle Pépin n’aurait pas osé attaquer la cité de Yauclere, que le jeune Doon demande hardiment à Charlemagne de conquérir pour lui 3. — L’histoire réelle nous montre d’ailleurs Pépin menant en Allemagne d’autres guerres encore que celles qu’il fit aux Saxons : du vivant même de son père il avait combattu et vaincu le duc des Alemans Theobald 6.
1. Sur le duc Odilo ou Ogdilo de Bavière (Uidre, Uidelon en français) et sa persistance dans l’épopée, il y aurait à faire des recherches pour lesquelles le temps nie manque présentement.
2. P. 417 : invention de Jean des Prés pour mettre la scène d’un récit à Liège.
3. P. 469. C’est pendant cette disparition de Pépin que Charles est chassé de France par « ses dois freres bastars ». Tout cela est très confus (Jean des Prés, qui ne connaît rien de l’histoire de la fausse Berte, n’a qu’une idée vague de celle de Mainet), et en partie inventé, comme le montre l’intervention de Doon de Mayence, qui appartient dans l’épopée à la génération suivante.