‹ Mélanges Julien HavetChapitre 474 sur 567 · PAR M. ULYSSE ROBERT · texte numérisé non relu

PAR M. ULYSSE ROBERT

Dans les manuscrits du moyen âge, les lettres ae ont été représentées d’abord et pendant longtemps sous leur forme normale, les deux voyelles étant tantôt séparées, tantôt, mais plus rarement, conjointes. Elles l'ont été ensuite et simultanément par l'e cédillé, qui a été, à partir du milieu ou de la tin du xne siècle, en France et en Italie, à partir du xme en Allemagne, remplacé par un e simple , pour réapparaître au xve et au xvie siècle dans des manuscrits et dans des imprimés surtout de provenance italienne.

Quelle est l’origine de le cédillé? C’est une question dont le hasard m’a amené à m’occuper à la suite d’une discussion qui a eu lieu à ce sujet dans une récente séance de la Société des Antiquaires. J’ai alors émis l’opinion, accueillie non sans quelque incrédulité, que l’emploi de l'e cédillé était très fréquent au ixe siècle, qu’il était déjà commun au vme et qu’on le rencontrerait certainement au vne. Cette courte note a pour objet de justifier mon opinion. Je me suis contenté d’en emprunter les éléments aux principaux recueils de fac-similé connus, surtout parce qu’il est facile de s’y référer et de contrôler mes assertions ; bien qu’en moins grand nombre que si j’avais dépouillé complètement des manuscrits de ces diverses époques , ces éléments me paraissent suffisants pour ma thèse.

Page 1