‹ Mélanges Julien HavetChapitre 495 sur 567 · Voy. p. 667, n · texte numérisé non relu

Voy. p. 667, n

J. TARDIF

UN ABRÉGÉ JURIDIQUE

soin qu’on a pris de conserver une citation de Virgile *, ne permettent pas de supposer que ce travail soit antérieur à la renaissance des études littéraires sous Charlemagne, c’est-à-dire aux premières années du ixe siècle; c’est aussi l’époque à laquelle remontent les manuscrits les plus anciens. Quant au lieu d’origine de la compilation, il est indiqué par la provenance de tous les manuscrits qui contiennent le texte complet: il a été transcrit dans les provinces du nord et de l’est de la France 1 2 et il est joint à la loi salique dans la plupart des manuscrits3; en outre, l’omission du nom du jurisconsulte Paul 4, dont les Sentences étaient entrées dans le Bréviaire d’Alaric, ne se comprend guère qu’en dehors des pays où la Lex Romana Visigothorum était restée en vigueur.

Si cette conjecture était justifiée, les Interrogationes seu interpre ta iiones de legibus divinis sive humanis appartiendraient au développement juridique de la France septentrionale, tandis que les Excerpta ex lïbro Ethimologiarum ou Liber Hisidori de legibus auraient vu le jour dans le Midi. Le premier de ces recueils devrait par suite prendre place à côté du Libellas de verbis legalibus, du Bracliylogus et des œuvres de l’École d’Orléans.

L’influence d’Isidore de Séville ne s’est pas limitée à la France ; elle s’est exercée dans le nord de l'Italie. On a vu dans le cours de cette étude que des extraits juridiques des Étymologies se rencontrent dans un manuscrit de Turin et

1. Limes erat positus, litem ut diseerneret agri. Virg . Aen. XII, 897. (Lib. XVIII, ch. 15 §4.)

2. Le ms. lat. 4626 appartenait à l’église de Maçon à une époque très voisine de sa transcription, comme l’atteste l’hymne à saint Vincent copiée à la fin du volume (f° 158 r°). Quant au ms. lat. 4628 A, il était anciennement à l’abbaye de Saint-Denis.

3. Les mss. lat. 4626, 4628 a, 4631, 4760, 10758 de la Bibl. nat. et le ms. de Modène contiennent la loi salique soit seule, soit accompagnée d’édits mérovingiens ou de capitulaires. Dans le ms. lat. 4626 on trouve, avec la loi salique, la Lex Romana Visigothorum et la Lex Burgundionum. Dans le ms. de Saint-Gall, qui est formé de fragment de trois manuscrits le questionnaire se- rencontre à côté des Capitula legi Salicae addenda de 803 ,de la Lex salica emendata et de la loi ripuaire (Scherrer, Verzeichniss, p. 235).

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