Sent. lib. V, tit. VIII
des Étymologies d’isidore de séyille
qu’un abrégé de ces extraits disposé par demandes et par réponses s’est conservé dans un manuscrit de Modène ; or, ces deux manuscrits paraissent être d’origine italienne. On trouve encore un fragment des Étymologies dans le ms. 122 du chapitre de Verceil, qui contient le texte de la Lex Dei ou Collatio legum b L’ouvrage du compilateur espagnol a été aussi connu en Germanie, où les rédacteurs de la loi des Bavarois ont intercalé dans le prologue de ce texte le début du livre Y des Étymologies 1 2 ; le passage Mo g ses gentis Hebreae... ou Moyses dux Iiebreorum... se rencontre également dans quelques manuscrits joint soit à la loi des Wisigoths, soit à la loi des Alamans, soit à la loi salique 3.
Isidore de Séville a été le principal intermédiaire entre le monde romain et les nations germaniques qui avaient envahi l'Empire; c’est lui qui les a initiées aux connaissances scientifiques et grammaticales de la Grèce et de Rome, connaissances qui sont restées le fond de l’érudition du moyen âge jusqu’au xne siècle. Ce qui est vrai de l’ensemble de la culture intellectuelle ne l'est pas moins des éléments de la science du droit : les Étymologies ont été, avec le Bréviaire d’Alaric, une des sources auxquelles on a longtemps puisé la connaissance des principes généraux de la législation romaine. L’œuvre d’Isidore de Séville a été encore plus durable et presque toutes les notions juridiques contenues dans les Étymologies sont passées dans le Décret de Gratien 4 ; elles ont été ainsi incorporées dans le Corpus juris canonici, qui est encore aujourd’hui la base du droit
1. On lit dans le ms. 122 de Verceil, à ta suite de la Collatio (f° 182 r°), les mots : « Inter. Quare in codico (sic) dicitur familiae herciscunde. R. » Cet extrait correspond au ch. 25, § 9 du livre V des Étymologies.
2. Le fragment : Moyses gentis Hebree... refrenetur nocendi facultas, se compose des ch. 1, 3, §§ 2-4, 20 du livre V des Étymologies; on le trouve rattaché au prologue de la loi des Bavarois dans plus de vingt manuscrits. Mon. Germ., Leges, in-fol., t. III, p. 194.
3. Le passage : Moyses gentis Judeorum ou Hebr[aicé] se rencontre ainsi dans le ms. de Modène, f° 8 r°.
4. La liste des emprunts fait par Gratien aux Étymologies se trouve dans les prolégomènes de l’édition du Corpus juris canonici de Friedberg (Lipsiae, 1879), c. xxxvn. Ce sont les passages suivants : I, 5; II, 10 ; V, 1-26; VI, 16 ;