Voy. Appendice, n
A. GIR Y
LA DONATION DE RUEIL
gués ; — 4° une commémoration et un repas du même genre auront lieu aux anniversaires de la mort du roi, de la mort de Richilde et de celle de Boson, en observant qu’on ne devra pas transférer au jour de la mort du roi le repas commémoratif de sa naissance qui devra être maintenu ; — 5° le roi sollicite, à raison de sa sépulture dans l’abbaye, les mêmes prières que pour un moine, sans préjudice de celles qui lui sont dues comme roi et comme abbé; — 6° si, du vivant du roi ou après sa mort, l'un de ses familiers voulait se faire moine dans l’abbaye, la dépense de nourriture et d’habillement serait imputée sur les revenus de Rueil ; — 7° le domaine et l’affectation de ses revenus, ainsi réglée, seront administrés par le doyen qui en devra compte à Dieu.
Les clauses finales de cet acte sont analogues à celles que l’on rencontre assez fréquemment dans les diplômes de la fin du règne. Il y faut seulement relever, au début de 1a. formule de corroboration, la mention où Charles-le-Chauve rappelle, avec son titre de roi et le souvenir de son éducation dans le monastère, qu’il est abbé de Saint-Denis (frcitrum electione monasterii magni Dionysii cibba). On sait par le témoignage d’Hincmar fi corroboré par de nombreux diplômes, qu’après la mort de l’abbé Louis (9 janv. 867), le roi Charles s’était réservé l’abbaye, mais dans aucun autre acte, à ma connaissance, il ne prend le titre d’abbé qu’il s’attribue deux fois dans ce document, et nulle autre part il n’est question de l’élection canonique.
Une mention en notes tironiennes, qui figure dans la ruche, montre que le roi avait agi de sa propre initiative, et que les moines n’avaient pas sollicité l’intercession de l’un des familiers du palais, dispensateurs ordinaires des faveurs royales.
L’acte est daté de Saint-Denis, 6 des kalendes d’avril (28 mars), 8e indiction, 25e année du règne. A ces éléments
1. Ann, Berlin, à 867 : « Karolus rex abbatiam ipsius monasterii sibi reti- « nuit, causas monasterii et conlaborationem per praepositum et decanum « atque thesaurarium, militiae quoque curam per maiorem domus sua com- « mendatione geri disponens ».
A L’ABBAYE DE SAINT-DENIS
chronologiques, s’en ajoutait un autre, l’année du règne en Lorraine, mais le chiffre qui l’exprimait a été soigneusement gratté et remplacé par le nombre IV écrit d’une encre plus noire que le reste de la ligne de date. Il y a discordance entre ces divers éléments. Le 28 mars de la 25e année du règne, comptée à partir du terme ordinaire (21 juin 840), correspondrait à l’année 865, mais l’indiction de 865 est 13, et du reste cette date de 865 est impossible, comme on le verra, pour beaucoup d’autres raisons. Jules Tardif a donné à ce diplôme la date de 870, sans la justifier. Mais l’examen critique de cette date ne pourra être utilement fait qu’après quelques observations sur la teneur, et l’examen des caractères extérieurs du document L
Ceux-ci présentent en effet quelques particularités intéressantes. L’écriture est une minuscule diplomatique correcte et régulière ; c’est celle d’un scribe qui a écrit plusieurs des diplômes royaux de cette époque ; il faut observer seulement qu’à la ligne 4, après avoir écrit ante altare , le copiste avait sans doute omis les mots ISanctae Trinitatis, car il les a ajoutés ensuite en interligne, mais en se servant de notes tironiennes au lieu de caractères ordinaires. La teinte de l’encre, qui est exactement la même que celle du reste de l’écriture, montre que cette addition doit être de la même main que la teneur. Cet emploi des notes tironiennes pour faire une correction au texte d’un document confirme ce que pensait Julien Havet du fréquent usage de cette écriture abrégée. On doit observer encore que çà et là se trouvent en interligne de petites croix ; on les trouvera reproduites dans l’édition donnée en appendice, et la comparaison des deux exemplaires de ce diplôme en révélera la signification.
La souscription royale et le monogramme ainsi que la souscription de chancellerie ne donnent lieu à aucune observation, mais il n’en est pas de même de la ruche. Plus grande et plus simple que d’ordinaire, elle contient, comme on l’a déjà dit, une mention en notes tironiennes, mais ne