Voy. plus loin, pp, 688 et
A. GIR Y
LA DONATION DE RUEIL
présente aucun vestige de sceau plaqué. C’est que cet acte avait dû être scellé non d’un sceau de cire mais d’une bulle, ainsi que l’indique l’annonce des signes de validation : bullis nostris jussimus insigniri. On voit en effet, tout au bas du document, au-dessous de la ligne de date, la trace d’un double repli et six trous étroits, superposés deux par deux, qui ont dû donner passage à des cordelettes servant d’attaches à la bulle.
La date enfin présente des traces de remaniements : un grattage précède le chiffre XXY qui indique l’année du règne de Charles-le-Chauve, et on a déjà dit qu’un autre grattage et une surcharge empêchent de lire le chiffre qui exprimait primitivement l’année du règne en Lorraine.
Il faut revenir maintenant sur certains points delà teneur pour les éclaircir et vérifier s’il concordent bien avec les données de l’histoire et de la critique.
Le domaine de Rueil, localité située sur la rive gauche de de la Seine, dans le pagusde Poissy, ou Pincerais, et dont les dépendances s’étendaient sur la rive droite, en Parisis, faisait partie du fisc royal. Il est mentionné à deux reprises par Grégoire de Tours 1 et figure dans divers documents du ixe siècle sous la même forme que dans notre diplôme, Rioilus, Riogilus 2. Il ne semble possible d’identifier avec des localités actuelles ni le mansus Bobleni ni le mansellus Ermenrici, réservés par le roi3 4. Quoi qu’il en soit le domaine de Rueil est resté sans conteste la propriété de Saint-Denis jusqu’en 1635
A propos des sept lampes fondées devant l’autel de la Trinité, il est dit que le roi avait déterminé derrière cet
1. « Villarn Rigoialensem » (Hist. Franc., IX, 13); « Rotoialensem villam » (Ibid,., X, 28). Cf. A Longnon, Géogr. de la Gaule au VIe siècle. p. 360.
2. « In fisco Riogilo. » ( Miracula S. Dionysii, lib. Il, c. vi, dans Mabillon, Acta SS . O. S. B., saec, III, n, p. 354.
3. Ne pourrait-on retrouver la lacna de notre diplôme dans l’étang, situé sur le territoire de Rueil, dont le nom de Saint-Cucufat atteste qu’il a été une possession de Saint- Denis? On sait que les reliques de ce saint ont été apportées de Rome à Saint-Denis, vers 763, par l’abbé Fulrad.