‹ Mélanges Julien HavetChapitre 511 sur 567 · Lebeuf, Hist. du dioc. de Paris, t. VII, p · texte numérisé non relu

Lebeuf, Hist. du dioc. de Paris, t. VII, p

A L ABBAYE DE SAINT-DENIS

autél l’emplacement de sa sépulture. Notre diplôme n’est pas le seul où Charles-le-Chauve ait parlé de son tombeau. Auparavant déjà, dans un acte du 19 septembre* 862, il avait mentionné la sépulture qu’il s’était choisie ante altare quod

IGazofilacium vocatur , ubi sepulturam nostrarn, si ita Deus voluerit, disposuimus Il y a lieu de rechercher si ces deux données ne se contredisent pas.

Le moine anonyme qui écrivit au commencement du ixe siècle les Gesta Dagoberti regis, fait mention du gazophilacium, qui avait dû donner son nom à cet autel : c’était, dit-il, un coffre ou tronc en argent, érigé par Dagobert devant l’autel, alors probablement unique , et destiné à recevoir les offrandes des fidèles 1 2. Au xnc siècle, l’abbé Suger, à propos des travaux qu’il entreprit dans l’église, raconte que cet autel {principale beati Diongsii altare) avait reçu de Charles-le-Chauve un parement d’or 3. En avant de cet autel il en existait un autre, que Suger appelle l’autel saint [altare quod testimonio antiquorum sanction dicitur altare 4 5) et que, dans une charte de 1140 ou environ, où il mentionne la fondation de Charles-le-Chauve, il identifie avec l’autel de la Trinité B. C’est devant cet autel que brûlaient dans des vases d’argent les lampes fondées par notre

B diplôme et que Suger fit restaurer ; c’est là qu’il retrouva la sépulture de Charles-le-Chauve 6. Il ne me paraît donc pas douteux que l’autel désigné dans le diplôme de 862 sous le nom de gazofdacium ait été le grand autel ou autel de Saint-Denis, que l’autel de la Trinité ait été l’autel saint de Suger, dénommé plus tard autel matutinal, et que, confor-

1. Donation à Saint-Denis du domaine de Senlisse en Parisis (Mabillon, Ue re diplom., éd. ftuinart, p. 538; Bôhmer, Begesta, n° 1707).

2. Ed. Krusch, n° 19. Monum. Germ. hist., Script, rerum merov., t. II, p. 407.

3. De rebus in administrations sua gestis, n° XXXIII ( Œuvres de Suger, éd. Lecoy, p. 196.

Page 1