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A. GIR Y. — LA DONATION DE RÜEIL

les péages d’Épinay et d’Argenteuil *, et même pour se faire attribuer la propriété du cours de la Seine depuis le Bas- Meudon jusqu’au Pecq 1 2.

Il existe un troisième diplôme de Charles-le-Chauve, en faveur de Saint-Denis relatif au domaine de Rueil 3. Ce diplôme, qui ne me paraît pas avoir été encore signalé, a été transcrit par une main du xm° siècle au recto du 3e feuillet liminaire d’un cartulaire de l’abbaye, connu sous le nom de Cartulaire de Rueil (LL 1167). Ce document ne nous retiendra pas longtemps ; sa teneur présente des irrégularités et des incorrections telles qu’il suffira de l’analyser, en en rapprochant le dispositif de certaines clauses du diplôme authentique, pour y reconnaître une grossière falsification. On se rappelle que l’original authentique de la donation de Rueil contenait une réserve ainsi exprimée : „ excepto manso Bobleni cum parceriis suis et excepto mansello Ermenrici et lacuna. Le document copié au cartulaire a visiblement pour objet d’expliquer comment l’abbaye est entrée en possession de ces parties réservées du domaine de Rueil. Le rédacteur a imaginé une reprise de ce domaine par le roi, à titre de précaire viager, en y ajoutant : mansum Gosleni cum parceriis suis et mansellum Ermentrici.

Il est naturellement impossible de dire s’il faut attribuer l’altération des noms propres au copiste du cartulaire ou au rédacteur du document. Ce dernier s’est aidé du diplôme authentique, mais l’invraisemblance de l’opération qu’il prête au souverain, l’ignorance manifeste des formules particulières aux contrats de ce genre, et de nombreuses maladresses de rédaction suffisent à faire ranger son œuvre dans la catégorie des faux les plus caractérisés. Comme nous ne

1. G. Guilmoto, Étude sur les droits de navigation de la Seine (1889), p. 17 et suiv.

2. Voy. le Cartul. de la rivière de Seine, Arch. nat., LL. 1161-1162 et cidessus, p. 700, n. 3 et 4.

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