C. COUDERC. — MANUSCRITS
deux groupes et qu’il faut placer, d’un côté, les manuscrits du Vatican et d’Avranches et, de l'autre, les deux manuscrits de la Bibliothèque nationale.
Un examen sommaire des variantes fournies par le manuscrit d’Avranches montre, en effet, qu’il offre de nombreux traits de ressemblance avec le manuscrit du Vatican. On y trouve beaucoup de formes semblables et beaucoup de fautes qu’on ne rencontre pas dans les mss. C 1). En voici quelques exemples. Année 919 : superans magnitudinem , au lieu de super ans magnitudine; Britonibus, au lieu de Brittonibus ; année 920 : Carcarisia, au heu de Carcasiria; Herimannus, au lieu de Hcrmannus ; année 922 : reliquit, au lieu de relinquit ; année 923 : Rodulfum cuncti regem eligunt, au lieu de Rodidfum cuncti eligunt; Normandni, presque partout, au lieu de Nordmanni ou Nortmanni; année 924 : reppulerant, au lieu de pepulerant; monstaria Franciae, au lieu de monasteria Franciae ; Sparmalarwn finibus, au lieu de Sarmatarum finibus ; année 925 : diffcrentibus, au lieu de proferentïbus, etc.
On trouve cependant, dans le manuscrit du Vatican, un certain nombre de fautes qui ne sont pas passées dans le manuscrit d’Avranches, bien que ce dernier manuscrit soit dû à un scribe ignorant et inattentif. Voici quelques exemples de ces fautes. Année 920 : pyàcipem, au lieu de principem; puellam, au lieu de puella; sanguinem, au lieu de sanguine; année 921 : prurime, au lieu de plurime ; année 922 : castrametus, au lieu de castrametatus ; simiter, au lieu de sbniliter ; Camacum , au lieu de Cameracum; année 924 : diffebat, au lieu de différé bat, ; pepessi, au lieu de perpessi, etc., etc.
D’un autre côté, le manuscrit d’Avranches présente des fautes qui ne sont pas dans le manuscrit du Vatican. Il omet, à l’année 920, les mots quod nominant Macerias recipiendum, et à l’année 923, les mots confiexit, eumque. Il écrit, en outre, à l’année 920, marmoribus, au lieu de in arboribut; à l’année 921, sydolus, au lieu de synodus; ftumine, au lieu de fulmine ; julico , au lieu de julio ; à l’année 922, abbaganonis complicibus, au lieu de ab Hanganonis complicibus;
DES ANNALES DE FLODOARD
à l’année 923, vadictum, au lieu de ut dictum ; à l’année 924, ornutus, au lieu de ora, nuntiis, etc. Cette dernière faute du manuscrit d’Avranches est à noter, parce qu’elle paraît avoir pour origine celle qu’a commise le manuscrit du Vatican en écrivant ora nutiis, au lieu de ora, nuntiis.
Ce cas n’est pas unique. On peut en citer plusieurs exemples. On trouve, en effet, dans le manuscrit du Vatican les fautes suivantes qui ont été reproduites par le manuscrit d’Avranches ou ont été le point de départ de fautes nouvelles. A l’année 927, le nom Veromandinsem est écrit, d’une façon fautive et en deux mots, dans les deux manuscrits : Vero maudissent. A l’année 940, le manuscrit du Vatican met per eum, Remensis, au lieu de per eum ecclesiae Remensi ; le manuscrit d’Avranches remplace le mot Remensis par celui de remansit qui n’a pas de sens. Les noms des évêques, qui assistèrent au synode d’Ingelheim, en 948, sont écrits de la même façon, ms. P> : Vicfredus, ms. B' : Vicf redus; ms. B : Gauslenus ; ms. B' : Gauslenus; ms. B : Witsiburgensis ; ms. B': Witsiburgensis ; ms. B: Hildinesbemsis; ms, B' : Hildinesbemsis ; ms. B : FÀstentiensis ; ms. B' : Eistentiensis ; ms. B : Horaths Leoswucensis ; ms. B' : Horaths Leosioucensis.
La conclusion qui nous paraît se dégager de ces constatations est que le manuscrit d’Avranches a été copié sur celui du Vatican. Il ne semble pas, en effet, qu’on soit obligé de supposer un intermédiaire perdu pour expliquer les différences qu’ils présentent entre eux. Les lacunes et les fautes qu’on ne trouve que dans le manuscrit d’Avranches peuvent n’avoir d’autre auteur que le copiste de ce manuscrit. D’un autre côté, le copiste a fort bien pu corriger certaines des fautes du texte qu’il copiait. Nous ferons enfin remarquer que le manuscrit du Vatican a dû être porté de très bonne heure, sinon écrit, en Normandie, puisqu’on le trouve à Fécamp au xvc siècle. Il est à croire, par suite, qu’il a été connu des moines du Mont-Saint-Michel, et il n’est pas surprenant qu’ils en aient fait faire une copie.
Les manuscrits 9768 (ms. C) et 5354 (ms. D), sont aussi très voisins. Le ms. D ne dérive pourtant pas du ms. C ; il a