‹ Mélanges Julien HavetChapitre 536 sur 567 · Ego quoque Odbertus monachus vidi et notavi (Ibid · texte numérisé non relu

Ego quoque Odbertus monachus vidi et notavi (Ibid

963. Ego quoque Rodulfus monachus vidi et notavi (Ibid., p. 101). — Le même Rodolphe est encore mentionné par une formule identique dans des documents de 969 (Ibid., p. 103), de 970 (Ibid., p. 104), de 971 (Ibid., p. 105), de 972 (Ibid., p. 106).

964. Ego quoque Rodulfus sacerdos et monachus vidi et notavi (Ibid., p. 101).

965. Ego quoque Rodulfus indignus monachus vidi et notavi (Ibid., p. 102).

988. Ego quoque Rodulfus cancellarius et omnium monachorum ultimus, interfui et subscripsi (Miraeus, II, 944).

Au xie siècle, ces formules, sans disparaître complètement deviennent beaucoup plus rares. Depuis l’époque où la coutume s’est définitivement établie de faire apposer le sceau du comte sur les chartes écrites en son nom, on a considéré comme superflue la précaution de consigner le nom du scribe à la fin des actes. A partir des premières années du xne siècle, on peut la considérer comme tombée complètement en désuétude. Mais, si dès lors, les chartes rendues par le prince lui sont régulièrement présentées pour l’apposition du sceau, elles continuent cependant, comme auparavant, à être écrites par leurs destinataires. Il suffira de citer ici, comme preuve de ce fait, un passage du cartulaire de Saint-Bertin. Il nous apprend que le monastère possédait deux originaux, tracés par la même main, d’une charte de donation accordée par Baudouin de Lille, en 1056. Or, il est évident que, si le texte de cette donation en double expédition avait été dressé à la cour du comte, les archives du monastère n’en eussent pas renfermé les deux exemplaires 1 2.

1. 1056. S. Christiani scriptoris hujus privilegii (Guérard, Cartul. de Saint- Bertin, p. 187). — 1090. Ego Raimbertus subscripsi (Miraeus, Opéra diplomatica , 1, 362).

2. Guérard, Cartul. de Saint-Bertin, p. 187. Après le texte de la charte de Baudouin de Lille, de 1056, on lit dans le cartulaire la note suivante : Duo sunt originalia sigilli ejusdem comitis signata et ejusdeni scriptoris manu

H. PIRENNE

LA CHANCELLERIE

Si les chartes des comtes de Flandre au xie siècle ont donc encore été dressées dans des abbayes, il existait cependant déjà, à cette époque, un certain nombre de scribes vivant dans l’entourage du prince. Hariulf nous rapporte, en effet, que, vers 1084, Pvobert le Frison, décidé à mettre fin aux guerres privées, fît dresser la liste des meurtres commis de son temps dans les environs de Bruges b Quelques années plus tard, en 1089, une charte du même prince institue le prévôt de Saint-Donatien de Bruges, chancelier de Flandre et le place à la tête des capellani , des notarii et des clerici servientes in curia 2.

Jusqu’à la fin du xvme siècle, le prévôt de Saint-Donatien a conservé le titre de chancelier de Flandre 3. Comme tel, il était le principal dignitaire ecclésiastique du comté. A la prévôté de Saint-Donatien, plusieurs chanceliers joignaient la prévôté d’autres abbayes importantes, par exemple celle d’Aire ou celle de Saint-Omer ou celle de Saint-Pierre de Lille 4. 11 semble bien que le chancelier ait été pris le plus

scripta. Le second exemplaire de cette charte était évidemment destiné au comte. Sur la coutume de remettre au donateur un double de la charte octroyée par lui, voir un acte de 1122 dans le Cartulaire de Saint-Bavon à Gand, p. 27.

1. Hariulphe, VitaS. Arnulphi Suessioncnsis (Monum. Germ.Hist., Script., XV, p. 890). Sur les écritures que nécessitait, au commencement du xne siècle l’administration de la justice, voir encore Galbert de Bruges, Hist. du meurtre de Charles le Bon, éd. Pirenne, p. 5 : Qui statum pacis et placitorum injurias notabant.

2. Praepositum sane ejusdem ecclesiae,quicumque sit, cancellarium nostrum et omnium successorum nostrorum, susceptorem etiam et exactorem de omnibus reditibus principatus Flandriae perpetuo constituimus, eique magisterium meorum notariorum, meorumet capellanorum et omnium clericorumin curia comitis servientium, potestative concedimus. Miraeus, Op. dipl., III, 566 et I, 359 (texte incomplet). Ce passage se trouve dans une charte par laquelle le comte Robert II ratifie en général les privilèges et les possessions du chapitre de Saint-Donatien. Il ne semble pas qu’avant 1089 les comtes de Flandre aient eu un chancelier. Comme les évêques voisins de Cambrai, de Térouanne et de Tournai possédaient depuis longtemps déjà des chanceliers (voy. Miraeus, op. cit., 1, 54, 56, 60, 64, 153, etc.), il est probable que Robert II a été amené, par leur exemple, à établir un fonctionnaire analogue dans son comté.

3. Sur l’histoire des prévôts de Saint-Donatien, voir P. Beaucourt de Noortvelde, Beschrijving der heerlijkhede en lande van den Prossche. Brugge, 1764, in-8».

4.1169. Actum per manus Roberti cancellarii Flandriae et Ariensis ecclesiae

ET LES NOTAIRES DES COMTES DE FLANDRE 737

souvent parmi le clergé de Saint-Donatien : il en fut ainsi, par exemple, de ce Bertulf qui joua un si grand rôle dans les événements qui précédèrent et qui suivirent le meurtre du comte Charles le Bon, en 1127 *. Toutefois, le prince était libre dans son choix. Philippe d’Alsace confia les fonctions de chancelier à son frère Gérard de Messines 2. Il n’est même pas impossible que des laïcs aient été parfois appelés à la prévôté de Saint-Donatien. Du moins, voyons-nous, dans le récit de Galbert de Bruges, Bertulf accuser le notaire Fromold, un laïc, d’avoir intrigué auprès de Charles le Bon pour se faire attribuer cette dignité h

11 ne faudrait pas croire qu’à partir de 1089 les actes rendus au nom des comtes aient été régulièrement dressés dans leur chancellerie. Pendant le xne siècle, il est certain que le plus grand nombre d’entre eux ne sont pas l’œuvre des scribes du prince. Il suffit, pour s’en convaincre, de constater la diversité des formules employées dans ces actes et surtout d’en étudier l’écriture. Pour peu que l’on compare entre eux un certain nombre d’originaux, on remarque bien vite, par l’examen de leurs caractères paléographiques, que le plus grand nombre ont été écrits dans des abbayes. On retrouve, en effet, dans les chartes comtales le ductus propre aux différents monastères flamands et l’on s’aperçoit ainsi, qu’en règle générale, c’est à Saint-Pierre, à Saint- Bavon, à Ninove, à Messines, etc., qu’ont été confectionnés les documents octroyés à ces divers monastères. Ce n’est pas à dire, toutefois, qu’aucun acte n’ait été confectionné, au xiie siècle, dans la chancellerie comtale. Sans doute,

praepositi (Miraeus, Op. dipl., I, 187). — c. 1169. Ego Robertus Dei gracia

Insulensis praepositus et Flandriae cancellarius (d’Hoop, Cartul. de la

prévôté de Saint-Bertin à Poperinglie, n° 20). — 1188. S. Gerardi Brugensis et S. Audomari praepositi et Flandriae cancellarii (Miraeus, op. cit ., I, 288).

1. Sur Bertulf, voy, Galbert, op. cit., p. 91, 92, 115. En 1080, Bertulf est mentionné avec le titre de capellanus parmi les chanoines de Saint-Donatien. Stein, Cartulaire de Saint-Nicolas-des-Prés, p. 54. Il devint prévôt et chancelier vers 1091.

2. 1186. S. fratris et cancellarii mei G[erardi] Brugensis et S. Audomari praepositi (Miraeus, Op. dipl., III, 575).

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