TRAITÉ DE MARQUETTE
754 FÜNCK-BRENTANO. —
ments f? Tous les érudits qui ont à leur sujet dépouillé nos fonds d’archives, partageront cet étonnement. Est-il vraisemblable qu’au cours des discussions interminables auxquelles donnèrent lieu le traité d’Athis, les différents traités qui le suivirent et la ratification de ces traités par les communes de Flandre, discussions dont nous avons conservé de nombreux procès-verbaux, il n’ait jamais été parlé de cet acte capital, ni par les fils de Gui de Dampierre qui l’avaient inspiré, ni par les négociateurs flamands qui l’avaient scellé, ni par les représentants des communes de Flandre? Le minorité 11e s’est-il pas fait l’écho de propos populaires? L’on en sera convaincu après avoir lu les lignes où l’auteur de la Chronique artésienne 2 retrace les circonstances qui entourèrent les négociations des 23-24 septembre 1304, nous donnant à leur sujet des détails minutieux et précis et que l’on trouve exacts sur tous les points où l’on peut les contrôler :
« Et quant vint le merkedi (23 sept.) au matin, mesire Jehans de Namur envoïa sur le pas le seigneur d’Escornai 3 4 à monseigneur Charle L liquel faisoit le wait, pour prier qu’il vausist envoyer le duc de Braibant, le duc de Bourgongne et le conte de Savoie pour parler à lui; et mesire Charle les y envoïa et se parti de se gent, et li quens de Saint-Pol y vint à tout grant gent. Dont furent elles personnes a parlement, et tant menèrent les besongnes toute jour, et par respis, et par astenanches d’une part et d’autre,
1. C’est par erreur que Warnkoenig-Ghedolf (I, 319), et, d’après eux, Lappenberg (Pertz, SS1 2., XVI, 590, note 90) avancent qu’un acte contenant cette convention est conservé aux Archives du Nord.
2. Publiée par J. -J. De Smet, dans le Corpus chronicorum Flandriæ, IV, 447-502, sous le titre de « Chronique anonyme de la guerre de Philippe le Bel contre Gui de Dampierre ». Nous avons essayé de montrer (Mém. de l’Acad. des Inscr. et Belles-Lettres, Sav. étr., X1, 244-51), que cette chronique avait été composée par un citoyen d’Arras, et proposé de l’appeler Chronique artésienne. Nos conclusions ont été adoptées par M. H. Pirenne (la Version française et la Version flamande de la bataille de Courtrai, Note supplémentaire, p. 4), et par M. Jules Frederichs ( Note sur le cri de guerre des matines brugeoises, p. 7).
3. Jean de Gavre, seigneur de Schoorisse, appelé dans les textes latins de l'époque de Scornaco, et, dans les textes français de Scornai ou d’Escornai.