HILDUIN
sion ici à des impies qui auraient nié la possibilité des miracles en général; il n’y en avait guère à cette époque; mais à des envieux qui niaient les mérites des reliques tle Seligenstadt au profit de reliques rivales.
Est-il vraisemblable alors qu’un homme, si pénétré des vertus exceptionnelles et innombrables de ses saints et si jaloux de leur gloire, en ait parlé avec une réserve touchant à la froideur et ait au contraire entonné, en faveur de saint Sébastien et de ses miracles, une hymne enthousiaste et triomphante?
Cela n'est pas seulement invraisemblable; cela est impossible, si l'on songe aux relations qu’Éginhard avait eues avec Hilduin, précisément à l’occasion de ces mêmes reliques. Le notaire d’Éginhard, Ratleic, qui s’était rendu à Rome pour y enlever subrepticement les reliques des saints Marcellin et Pierre, avait été accompagné par un émissaire d’Hilduin, le rusé prêtre Hunus, qui avait promis d’en rapporter les reliques de saint Tiburce; n’ayant pu se les procurer, Hunus avait dérobé à Ratleic une bonne partie de son précieux butin, eu subornant un de ses compagnons à prix d’argent; il avait rapporté à Hilduin le fruit de son larcin et Hilduin avait déposé à Saint-Médard ces reliques injustement acquises. La chose s’ébruita. Hilduin dut l’avouer et il ne rendit les reliques dérobées qu’ après s’être fait passablement tirer l’oreille. C’est d’Éginhard lui-même que nous tenons tous ces détails : « Licet ïlle paido durior ac difjicilior, quant optaveram, in assensione fuisset, victus tamen est sedulilate precum mearum,cessitque improbitati meae, qui se paulo ante nullius iussioni, in hac praesertim causa, cessurum pronuntiavit L »
La mauvaise volonté d’Hilduin ne s’arrêta pas là. Quand les reliques volées eurent été transportées à Aix-la-Chapelle, dans l’oratoire privé d’Éginhard, il empêcha Louis le Pieux de s’y rendre, et l’empereur ne les vit et ne leur offrit ses dévotions que lorsqu’elles furent déposées dans la basilique de Notre-Dame.