ET LES ANNALES EINHARDI
dit ITilduin sur les miracles Rustique :
Annales.
Tanta signorum ac prodigiorum muUitudo claruit , tanta virtutum vis in omni genere sanitatum per divinam gratiam in nomine beatissimi martiris cnituit, ut a nullo mortalium eorumdem miraculorum aut numerus comprehendi aut varietas verbis valeat enuntiari.
des saints Denys, Éleuthère et
Vita S. Dionysii.
Mérita eorum v i r t u t u m probantur frequcntia. Quorum miraculorum insignia non solum sermo non prae valet enarrare, nec ipsis queunt humants mentibus comprehendi. Unde nec dignitas honoris et magnificentiae eorum hominis cogitatu potest attingi.
Voyons maintenant si notre hypothèse se trouve confirmée ou contredite par le contenu et le caractère des Annales.
Le caractère officiel des Annales nous paraît ressortir de leur composition même, du soin qu’elles mettent à nous renseigner sur les expéditions militaires, sur les ambassades envoyées et reçues, sur la tenue des assemblées, sur les séjours de l’empereur dans ses diverses résidences. Hilduin était mieux placé que tout autre pour donner avec précision toutes ces indications. Abbé de Saint-Denis depuis 815, il était, depuis 818, archi-chapelain, et ses fonctions mêmes, comme la faveur de Louis le Pieux, l’appelaient à demeurer constamment auprès du souverain. Nous constatons, par les diplômes où il figure comme signataire ou comme intercesseur, sa présence à la cour de 823 à 829. Frothaire, évêque de Toul, s’adresse fréquemment à lui comme au plus puissant de tous les protecteurs b Agobard nous le montre exerçant sur Louis le Pieux une influence bienfaisante et résidant toujours au palais 1 2. Comme archi-chapelain il avait la garde des archives d’État 3, et si des Annales officielles ont été écrites à la cour, il était tout naturel que l’archi-chapelain en dirigeât la rédaction.