HILDUIN
Nous savons de plus qu’Hilduin était ami de Wala, du chancelier HeJisachar, de Matfrid, comte d’Orléans, qu’il appartenait comme eux au parti de Lotliaire et prit part avec eux à la révolte de 830. Il était donc hostile à Judith, à Bernard de Septimanie, au jeune Charles. Les Annales ne mentionnent même pas la naissance de Charles et ne disent rien de la cession qui lui fut faite, en 829, de l’Alémanie, de la Rhétie et d’une partie de la Bourgogne. La pénitence de Louis en 822 est racontée avec une visible complaisance. L’annaliste prétend même, ce qui est fort douteux, que Louis fit pénitence, non seulement de la mort de Bernard d’Italie, mais aussi de la disgrâce d’Adalhard et de Wala. Il omet, en 827 et 829, de donner les noms de Hugues et de Matfrid, lorsque ces deux comtes, dont le premier était beau-père de Lothaire, furent privés de leurs honneurs, en punition de leur lenteur à marcher contre les Sarrasins. C’est, le biographe anonyme de Louis le Pieux qui, en transcrivant les Annales, ajoute leurs noms et remplace le terme adouci de desidia par l’expression flétrissante de ignavia. Enfin les Annales s’arrêtent à 830, précisément au moment où Hilduin trahit l’empereur, et où sa trahison eut pour châtiment la perte de sa charge, son internement à Paderborn, puis son exil à Korvei.
Remarquons encore qu’Hilduin accompagna Lothaire en Italie en 824, quand le jeune prince fut chargé de rétablir à Rome l’autorité impériale. Les résultats de ce voyage sont exposés par l’annaliste avec une grande précision, et en général toute l’histoire des relations avec Rome est de sa part l’objet d’une attention spéciale.
Si l’archi-chapelain était mieux placé que personne pour s’occuper de la rédaction des Annales, il n’en était pas tout à fait de même pourÉginhard qui, depuis 815, ne paraissait à la cour que quand il y était contraint par son devoir. Bien qu’il eût accepté, en 817, le rôle de conseiller de Lothaire et, en 830, cherché à réconcilier l’empereur avec son fils rebelle, ses inclinations personnelles le portaient de plus en plus vers la retraite et la vie religieuse. Il se retira d’abord à Michelstadt, à partir de 815. puis à Mülinheim, en 827. Sa