PAR M. A. MOLINIER
L’expression duc de Narbonne paraît pour la première fois dans les chartes, à la fin du xi° siècle ; Raimond de Saint-Gilles, qui, en 1085, s’intitule encore cornes N arbonensis % se dit, en 1088, comte de Toulouse, duc de Narbonne et marquis de Provence1 2. Le deuxième de ces titres correspond à celui de marchio, jadis porté par les comtes de Rouergue, ancêtres de Raimond ; ces princes, en effet, avaient hérité de la dignité, plus honorifique que réelle, de marquis de Gothie, et le chef-lieu de cette ancienne circonscription carolingienne était, on le sait, la ville archiépiscopale de Narbonne. Les successeurs de Raimond de Saint-Gilles imitent l’exemple de ce prince; plus tard, quand Simon de Montfort s’est substitué à Raimond VI, il se pare à son tour des titres de sa victime, et Philippe-Auguste, en avril 1210, lui confirme la possession du ducatus Narbonae. Enfin, le titre disparaît en 1229, après que, par le traité de Paris, Raimond VII a cédé au roi Louis IX la majeure partie des domaines de sa famille.
En 1060, l’archevêché de Narbonne était occupé par un frère du surintendant Foucquet, François, qui jugea à propos de faire revivre ce titre oublié, et qui, pour donner quelque base à ses prétentions, fît composer par un écrivain
1. D. Vaissète, Histoire de Languedoc, édition Privât, t. V, col. 697.