A. MOLINIER
ON DIPLOME INTERPOLÉ
du pays, le sieur Besse, une volumineuse Histoire des ducs, marquis el comtes de Narbonne L’ouvrage est diffus et peu critique, l’auteur fait preuve de partialité et interprète d’une manière quelque peu fantaisiste les textes qu’il rapporte. François Foucquet, au surplus, n’était pas le premier à se -parer de ce titre honorifique. Dès le xnT siècle, un de ses prédécesseurs, l’ancien légat Arnaüd-Amauri, avait cherché à l’usurper, et cette tentative l’avait brouillé avec son ancien ami et protégé, Simon de Montfort. Quels arguments, quels actes les archevêques de Narbonne pouvaient-ils alléguer à l’appui de leurs prétentions? La question vaut la peine d’être examinée, car elle se rattache à l’histoire, fort peu claire assurément, du pouvoir temporel des archevêques de Narbonne, pouvoir dont le premier fondateur fut un prélat du xi' siècle, simoniaque et batailleur.
Il nous faut d’abord remonter à l’époque carolingienne. La Septimanie fut, on le sait, définitivement conquise sur les Sarrasins- qui l’occupaient encore par Pépin le Bref, en 759; les églises de ce pays avaient eu beaucoup à souffrir d’une longue sujétion aux infidèles et avaient dû être dépouillées de tout ce qu’elles tenaient de la piété des fidèles et de la munificence des rois visigoths. La première chose à faire était de reconstituer le domaine ecclésiastique et les rois carolingiens ne faillirent pas à cette obligation. Pépin, le premier, accorde à l’église de Narbonne un diplôme lui concédant quelques terres et quelques droits utiles; le texte de l’acte est perdu, mais il est rappelé dans le diplôme de 844, cité plus loin. En 814, l’archevêque Nifridius, ou Nébridius, obtient de Louis le Pieux une charte d’immunité ; l’acte est conçu en termes généraux et l’empereur n’y nomme qu’une seule des dépendances de l’église cathédrale, à savoir l’abbaye de Saint-Paul, alors située hors de l’enceinte de la ville -. Trente ans plus tard, en 844, Charles le Chauve, alors occupé au siège de Toulouse, accorde à la même église deux nouveaux diplômes1 2 3 ; par l’un, il lui donne le lieu de Cesse-