Ibid., n
DE CHARLES LE CHAUVE
ras; par l’autre, il confirme avec de nouvelles clauses, sur le compte desquelles on reviendra tout à l’heure, l’acte de 814. Les autres diplômes des rois carolingiens pour l’église de Narbonne, émanés de ce même Charles le Chauve, deCarloman et de Charles le Simple, ne présentent rien de particuculier; seul un diplôme du roi Eudes, de l’an 890, pourrait nous arrêter 1 ; on y retrouve, en effet, une clause assez singulière qui figure déjà dans celui de 844.
Les termes du dispositif de l’acte de 890 prouvent que l’église de Narbonne était encore mal dotée, et rien ne permet, comme liesse le l'ait avec beaucoup d’audace, de conclure de tous ces diplômes que les archevêques fussent dès lors co-seigneurs des marquis de Gothie. A saint Théodard, qui a obtenu du roi Eudes le diplôme de 890, succèdent tour à tour, sur le siège archiépiscopal, Arnuste, assassiné vers 912, Agius, abbé de Vabres, puis Aimeri dont on ignore l’extraction. Ce dernier, mort en 977, est remplacé par Ermengaud, de la famille vicomtale de Narbonne, famille dont l’autorité a fini par se substituer à celle des marquis de Gothie, ces derniers étant trop éloignés pour maintenir leur suzeraineté dans cette partie de leurs vastes domaines. A la mort d’Ermcngaud, vers 1017, le vicomte Raimond dispose"en maître de la dignité archiépiscopale, et c’est du fils même de ce seigneur simoniaque que nous tenons l’histoire du singulier contrat passé à cette occasion. Un concile se tenait à Toulouse, en 1056, sous la présidence du légat du Saint- Siège, assisté d’une foule d’archevêques et d’évêques du midi du royaume 2 ; c’est devant cette honorable assemblée que Bérenger, vicomte de Narbonne, vint exposer les faits. « A la mort de mon oncle, le dernier archevêque, dit-il, Guifred, comte de Cerdagne, dont j’avais épousé une cousine, vint à Narbonne et demanda à mes père et mère de disposer de l’archevêché en faveur de l’archevêque actuel, lequel n’avait pas alors plus de dix ans ; il s’engageait à donner une somme