Voy. ci-dessous p. 37, n
L APPENDIX PROBI 35
notre morceau viennent singulièrement ébranler cette conjecture.
D'abord le viens Capitis Africac n'est pas le seul qui soit mentionné; trois autres le suivent immédiatement :
Vico stabuli proconsulis non vico tabuli proconsulis '. Vico castrorum non vico castrae -.
Vico strobili non vico trobili >.
M. Jordan^ dans sa Topographie de la ville de Rome, range ces trois rues, relevées uniquement dans VAppendix, parmi les rues de Rome; mais on peut se demander si c'est à bon droit. Il n'y à rien à dire contre un viens Strobili : une pomme de pin en bronze peut très bien avoir orné une rue de Rome (qu'on se rappelle la pomme de pin colossale transportée de Rome à Aix par Charlemagne et qui se trouve aujourd'hui devant la porte de la cathédrale, \^pignaâi\i Vatican provenant du mausolée d'Hadrien, et la Via délia pigna au moyen âge ■^); le viens Castrorum pouvait être ainsi appelé du voisinage des castra nombreux à Rome : on songerait surtout aux castra peregrina, mentionnés dans les différentes descriptions à côté du Capnt Afrieae 5. Mais comment pouvait-il exister à Rome un viens Stahnli proconsulis ? Jamais il n'y a eu de proconsul dans la ville, et il ne
1 . Le manuscrit porte vicotahtli proconsulis non vicotahiilu proconsidis. M. Hùbner (d'après Jordan, /. f.) lit : vico stahuli non vico stalmlii[in]. La faute consisterait ainsi, comme pour vico caput Afrieae, dans la substitution du nominatif au génitif après vico (car vico Capnt Afrieae paraît être pour vico qui (licitur Caput Afrieae). Mais l'usage attesté pour Capul ne l'est pour aucun autre nom ; je pense donc que la faute relevée ici consiste, comme ^our vico trobiti = vico strobiîi, dans la suppression de Vs, et j'explique cette faute par le nominatif : viens stabuli, viens strobiîi a été compris comme i'/c"h5 tabuli, viens trobili, d'où vico tabuli, vico trobili.
2. C'est un des plus anciens exemples de la transformation si fréquente d'un neutre pluriel en féminin singulier. Le mot castra au féminin apparaît souvent dans les inscriptions, notamment en Afrique. Il survit en français dans les noms La Châtre, Châtres, que portent différents lieux. M. Jordan veut à tort lire castra pour castrae.
3. Le scribe avait d'abord écrit la seconde fois comme la première vico strobili.