‹ Mélanges linguistiques (volume 2)Chapitre 22 sur 60 · Voyelles, consonnes, noms propres · texte numérisé non relu

Voyelles, consonnes, noms propres

4. Noms : genre, nombre, cas, déclinaisons, particularités diverses; — adjectifs : déclinaisons, genre, nombre, cas, régime, comparatif; — pronoms : pronoms personnels : nombre, cas; pronoms adjectifs possessifs: genre, nombre, cas; pronoms adjectifs relatifs: genre, nombre, cas; — verbes : conjugaisons, particularités diverses, personnes, temps, sujet, régime, accord des participes; — adverbes : locutions adverbiales; — prépositions, locutions prépositives; — conjonctions.

5. Pour la partie orthographique notamment, il y aurait eu de sérieux avantages à tenir compte de la valeur réelle des caractères et non exclusivement de leurnature (à distinguer par exemple les vovelles longues et brèves), et aussi à suivre des guides plus sûrs pour la détermination de la forme normale des mots.

Après ce long dépouillement, l'éditeur relève les principaux exemples d'hellénisme, c'est-à-dire les cas où des formes et des constructions incorrectes en latin s'expliquent comme étant dues au calque servile du texte grec que le traducteur avait sous les yeux. Ces cas sont extrêmement nombreux, et quelquesuns tout à fait étranges; ainsi, lorsqu'un adjectif grec a la même forme au féminin et au masculin, il arrive au traducteur de mettre l'adjectif latin au masculin, quand même il se rapporte à un substantif féminin; Lev. xii, 2, on lit cette énormité :

Millier quaecunque pepererit iiiiriuindus erit, parce qu'il y

a dans le grec : Tuv}; à-/.-/.OacT;ç îi-.y.i. D'autres fois, le substantif grec étant d'un genre et le substantif latin qui le traduit d'un autre, le traducteur laisse à l'adjectif qui qualifie ce dernier le genre qu'il avait en grec; ainsi Ex. xxxvii, 15 : Capita earum inargenfatûe {t. -aiz^x/SIz: :zjt(ov ~ezvr,p-[upM[j.i')y.'.^; ou bien, l'adjectif précédant cette fois le substantif, Ex. xxxvi, 23 : iii iitrasque initia {ï~ x[j.:^z-ip2: -y.: xpyj.:). On voit combien un pareil état de choses doit rendre circonspect pour apprécier les particularités grammaticales du texte : quand on trouve par

exemple, Ex. xxix, 27 ', brachinin qui divisiis est, on est

tenté de voir là la trace du passage de brnchiiiiii au masculin; mais si l'on rapproche le grec -rbv {■ljpy.yizv:x... 0: àstôpiJTai, on s'aperçoit que cette conclusion serait fort hasardée. M. Robert a très judicieusement insisté sur cette considération, que des savants distingués, comme M. Hermann Rônsch, ont trop souvent perdue de vue : « A côté de l'influence du latin populaire, dit-il (p. Lxxix), qu'il serait aussi injuste de méconnaître que d'accepter sans restriction, il faut voir aussi les résultats d'une imitation inintelligente du grec Ainsi peuvent

s'expliquer quelques-unes des fautes qui ont été signalées dans la arammaire. » C'est surtout dans la svntaxe que cette influence est prépondérante. Au reste, ainsi que nous le dirons plus tard, la présence de faits comme ceux dont il vient d'être donné des exemples suggère, sur la forme première de la traduction, une hypothèse qui, du moins au point de vue delà syntaxe, lui enlève toute valeur linguistique.

J. P. 182, 27, ut non p. 183, comme il est imprimé par erreur p. Lxxx.

VERSION LATINE DE L HEPTATEUaUE 53

Le paragraphe suivant (p. lxxxv-cxxiii) est consacré à la comparaison de la version latine avec le grec. Dans un relevé qui ne laisse rien à désirer pour l'exactitude, l'éditeur signale toutes les difterences qui existent entre le texte du Lugduiicusis et une version littérale et correcte de VAlexaudriniis. Ces différences sont nombreuses : on remarque des contresens, des non-sens, des rolécismes et des barbarismes. M. Robert essaye d'abord, mais en avouant qu'on ne peut y réussir complètement, de faire la part des fautes du copiste (ou de ses prédécesseurs) et des flmtes qui étaient déjà dans l'original. Celles-ci mêmes doivent-elles toutes être imputées à l'ignorance du traducteur'. Nous remarquons souvent qu'un mot grec est pris pour un autre qui lui ressemble, et traduit sans aucun souci du sens, et de façon à donner le résultat le plus absurde : ainsi, Gen. xxvii, 39, à-b -f,t -li-'/îToç f?;ç -;•?;; est rendu par a potii terrae, par confusion de Tj.b-r,-o:; a\'ec -o-f-.:: ; Lcv. vi, 17, z'j ~t^(^-qzt-x'. iZj[j.(,)[j.irq est rendu par non niittetiir condita pour non coqiietitr, par confusion de T.e^(ir,Gf:xi avec ~z'^.<^H,7tixi; Niim. xxiu, 8, oî'owy.a xWx z'.ç yépocq est rendu par dedi ea in seneciuîe. pour /// vierccdem, par confusion de -;£par avec v^par ; Ninn. xix, i6, oç âv 0L'Yr,-x<. èx^ -pisw-sv -zXt r.iziou est rendu par qui tetigerit faciem piteri pour campi, par confusion de 7:a'-s''cu avec -tzirj; Deuter. ii, 4, l\x -or/ ôpiurj Twv y.lzhzCr/ u;m7>v est rendu par pcr montes fratnun vestroruni au lieu de pcr fines, par confusion de z^My) avec zpibyt, etc. M. Robert se demande si la responsabilité de ces fautes ne remonte pas plus haut que notre traducteur : divers témoignages nous apprennent que les manuscrits de kt version des Septante répandus dans le monde chrétien à l'époque de saint Jérôme, étaient souvent très fautifs, et les plus anciens qui nous soient parvenus ne sont nullement exempts d'erreurs : r.z-.r-.zz, -£;xç.6r,c7STai, '^j,zxz. -x'.zizu. cpiojv. etc., ne peuventils s'être trouvés dans le manuscrit que suivait le traducteur latin ^ ? Il n'aura montré alors qu'une inintelligente servilité; mais d'autres exemples prouvent qu'il n'avait pas du grec une

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