‹ Mélanges linguistiques (volume 2)Chapitre 23 sur 60 · P. 134 et non 135, comme il est dit à la page Lxxxxi · texte numérisé non relu

P. 134 et non 135, comme il est dit à la page Lxxxxi

2. La faute -aiô-ou se trouve en effet dans plusieurs manuscrits grecs. (Voy. Ziegler, Die hiteinischen Biheli'ihersetinngoi vor Hinvnxiinis. p. iiq.)

connaissance très solide, et permettent de lui attribuer plus de bévues qu'on n'y serait rigoureusement obligé. Le manuscrit grec qu'il suivait ne séparant pas les mots, il a compris, Geii. XXVII, 17, y,x-.x XiO;v pour y.aTaXtOsv et traduit aâversus lapidciii au lieu de lapidarein; Lev. 11, 12, à-'xpyf,: pour àT.xpyr,q et traduit ^/A initia au lieu de primitianim ; Deiitcr. i, i, -/.x-h. ypJ7ty. pour Kx-xypùzix (nom propre), et traduit secundtivi aurea, etc. Quand un mot a deux sens, il ne sait pas toujours choisir le bon : Niirn. xiii, 21, 7-?; ziwv, Urra pinguis, est traduit par terra bibula;\\ est vrai que r.'w^ peut être le participe aoriste de ttîvsiv, mais le sens veut l'adjectif tuiojv, et d'ailleurs le participe féminin serait zioîcia ; Lev. 11, 4, il s'agit de l'offrande d'un gâteau cuit au four, T.^v.E\J.\xi-n^'^ ïv. -/.A'.Savcu : il est vrai que Tr$-e;j.y,£voç peut être le participe de t:é;xzo) aussi bien que de -ssTO), mais le sens devait empêcher de traduire luissnin defurno, etc. Ainsi le traducteur n'était ni très intelligent, ni très attentif, ni très bon helléniste; mais, en outre, il avait sous les yeux un manuscrit grec qui, sans doute, contenait déjà bien des leçons fautives, qu'il a souvent tranquillement traduites, quand même elles détruisaient complètement le sens d'un passage.

Ce manuscrit grec ne différait pas seulement par des foutes des autres manuscrits des Septante que nous connaissons. M. Robert, après la comparaison que nous avons indiquée cidessus, est arrivé à conclure que ce manuscrit n'était ni de la famille de VAlexandrinus, ni de celle du Vaticaniis. Il se rapproche un peu plus du premier, surtout pour la forme des noms propres; mais une différence notable avec l'un comme avec l'autre est dans les additions assez nombreuses qu'il présente. M. Robert les a relevées, et il a montré que quelques-unes (dont une fort importante, Ex. 11, 22) se retrouvent soit dans d'autres manuscrits grecs, soit dans des citations faites par les Pères d'autres versions latines^ soit enfin, ce qui est plus intéressant, dans la Vulgate. On voit la conséquence de cette constatation ; notre manuscrit peut servir à la critique du texte des Septante, et par là, bien qu'indirectement et de loin, à la restitution du texte hébreu sur lequel a été faite cette traduction, et par conséquent de l'original même du Pentateuque.

Après une liste (pp. cxxiii-cxxv) des « mots nouveaux ou

rares » du Codex Lugdiiiiensis, sur laquelle nous reviendrons, et qui aurait été mieux placée à la suite de l'examen grammatical', vient, dans l'introduction de M. Robert, un paragraphe intéressant sur « l'origine de la version du Codex Liigduneiisis ». M. Robert croit que cette version a été composée en Afrique, et il donne, à l'appui de son opinion, une liste de mots qui se trouvent dans le Pentateuque de Lyon, et qui, « pour la plupart, « appartiennent à des écrivains » de la région africaine, « n'ap- « partiennent qu'à eux, ou dont la priorité leur revient ». Nous retrouverons plus loin cette question, sur laquelle M. Robert a rencontré des contradicteurs. Disons tout de suite que, dans le paragraphe suivant de son introduction, il enlève à son opinion un appui que lui fournissait M. Reusch, en prouvant, contre ce savant théologien, que saint Cyprien n'a pas eu connaissance de la version du Codex Lugdnuensis.

Le paragraphe suivant (pp. cxxviii-cxli), intitulé « le « Codex Lugdunensis et ses rapports, » est d'une grande importance. M. Robert recherche d'abord quels sont ceux des Pères de l'Eglise latine qui ont connu et cité notre version du Pentateuque ; tout en constatant que les textes de la plupart d'entre eux ne sont pas encore assez bien constitués pour offrir une base solide à la critique, il relève des passages textuellement identiques au manuscrit de Lyon -, notamment dans Lucifer de Cagliari, Rufin, saint Ambroise, saint Augustin; d'autres très semblables surtout dans saint Ambroise et saint Augustin. Il combat, nous l'avons dit, l'opinion de M. Reusch relative à saint Cyprien; et, de ce qu'un évêque de Carthage n'a pas dû ignorer une version composée en Afrique, il conclut qu'elle a été faite postérieurement à sa mort : il y a là, on le voit, une certaine pétition de principe. Saint Augustin a-t-il connu notre version? On l'a contesté à propos de la publication de lord Ashburnham ' : les arguments qu'on a produits ont paru à

1 . A vrai dire, nous aurions été heureux que M. Robert eût joint à son livre un index complet des mots du texte, avec leurs correspondants grecs.

2. M. Robert a puisé les éléments de ce travail dans le livre de Sabatier; il est probable que des recherches nouvelles donneraient des résultats plus abondants et aussi plus assurés.

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