‹ Mélanges linguistiques (volume 2)Chapitre 25 sur 60 · Die lateinischen Bibelûherset:{!ing-en, p · texte numérisé non relu

Die lateinischen Bibelûherset:{!ing-en, p

2. Depuis que cet article a été écrit, nous avons eu connaissance de la publication qu'en a faite tout récemment M. Ziegler; nous en tiendrons compte en revoyant le second article que nous avons consacré au livre de M. Robert.

de Lyon, jusqu'où allaient les altérations des scribes, et, s'il est vrai que ces deux manuscrits, l'un et l'autre au moins du vi^ siècle, aient déjà des fautes communes, nous nous ferons une idée de leur original. D'autre part, le fait que la version des Nombres du manuscrit de Lyon se retrouve dans un autre manuscrit prouve qu'elle jouissait d'une certaine autorité et rehausse par conséquent l'intérêt de ce texte. Nous aurions voulu aussi que M. Robert essayât de préciser un peu plus le rapport de son manuscrit avec celui de Wurzbourg : au premier abord, on est frappé de la ressemblance qui existe entre eux, et l'on est tenté de n'y voir que des copies du même texte, dont l'une ou l'autre, ou peut-être l'une et l'autre auraient subi, sans parler des altérations habituelles des copistes, une ou plusieurs revisions, destinées, soit à améliorer la latinité, soit à rapprocher la version latine d'un manuscrit grec autre que celui sur lequel elle avait été faite. Mais, d'autre part, des divergences nombreuses semblent s'opposer à cette hypothèse. La question demande à être examinée de fort près, en comparant aux deux textes latins les différentes versions du texte grec. Quoi qu'il en soit de ces deux points particuliers, il est impossible de ne pas approuver les paroles par lesquelles M. Robert fait précéder son tableau comparatif des divers fragments de versions latines du Pentateuque qui nous sont parvenues, « Sous sa forme « aride, dit-il, ce tableau est plus éloquent que toutes les dis- « sertations sur la multiplicité des anciennes versions de la « Bible. » Bien que certains critiques se soient obstinés jusqu'à ces derniers temps à soutenir, contre l'affirmation expresse de saint Augustin, qu'il n'y avait qu'une traduction latine de la Bible avant saint Jérôme, le recueil fait par Sabatier, au dernier siècle, des citations bibliques des Pères, aurait suffi à confirmer le dire de l'évêque d'Hippone. En ce qui concerne le Pentateuque, la publication de lord Ashburnham, rapprochée de ce recueil, avait déjà mis le même fait en pleine lumière; les fragments découverts à Rome, à Wurzbourg et à Munich, ainsi que la connaissance du Codex Lugdunensis dans son entier,ne peuvent plus laisser l'ombre d'un doute. Pour hésiter encore, après les raisonnements de M. Ziegler et la démonstration palpable qu'a donnée M. Robert, il faut un singulier manque de critique ou une de ces préventions aveugles que rien ne peut dissiper.

Là s'arrête le beau travail de M. Robert. Il le résume en quelques lignes que voici : « La traduction contenue dans le « Codex Lugdunensis est à peu près sûrement d'origine africaine »< et semble remonter à la dernière moitié du m^ siècle et être « antérieure à la fin du iv=; elle a été faite sur une ver- « sion grecque (Jisex^ sur une recension du texte des Septante) « qui diffère assez de celle du Codex Vaticanus et du Codex « Akxandrinus. Elle n'est pas la version nommée par saint « Augustin Itala ; elle a dû être connue de quelques-uns « des premiers Pères et de plusieurs écrivains chrétiens. » Ces conclusions ne sont pas toutes également assurées. Nous aurons lieu d'éprouver la solidité de l'une ou de l'autre en présentant, dans la seconde partie de ce compte rendu, quelques observations sur les anciennes versions de la Bible et particulièrement sur le Pentateuque de Lyon.

C'est un événement qui sollicite à bon droit la curiosité de l'érudit et la réflexion du philosophe que la façon dont la Bible hébraïque % par le véhicule de la langue latine, a pénétré dans le monde occidental. Ce n'est point par les juifs qu'elle y fut introduite : l'acte vraiment mémorable de la traduction des livres hébreux en grec, à Alexandrie, qui avait été une des conséquences les plus remarquables de l'hellénisation de l'Orient, ne se renouvela pas pour le latin. Les juifs si nombreux à' Rome dès le temps d'Auguste étaient des juifs hellénisés : s'ils lisaient la loi et les prophètes, c'était en grec, et les convertis qu'ils faisaient appartenaient à ce monde grec ou semi-grec qui était peut-être à Rome presque aussi abondant que le peuple purement latin. Ce fut dans ce monde que le christianisme, sortant des synagogues hellénistes, fit aussi ses premières conquêtes ; il a gardé dans la plupart des termes les plus essentiels de son culte {baptême, évangile, église^ et de sa hiérarchie (évêque, prêtre, diacre, clerc) les marques indélébiles de son premier âge.

I. Nous ne nous occupons ici que de l'Ancien Testament; le Nouveau soulève des questions assez différentes.

VERSION LATINE DE L HEPTATEUCIUE él

Bientôt cependant il recruta, à Rome et dans les provinces, des prosélytes qui n'entendaient pas ou qui entendaient mal le grec. On traduisit pour leur usage d'abord sans doute le Nouveau Testament, puis, la doctrine s'étant établie que l'Ancien en était l'introduction et le symbole, les livres mêmes des juifs. A l'époque où ce besoin se fit sentir, tout contact s'était rompu, dans le monde parlant latin, entre les juifs et les chrétiens. Aucun des Pères de l'Église latine, jusqu'à saint Jérôme, nesembleavoir su l'hébreu, ni s'être soucié de l'apprendre. L'idée de critique était d'ailleurs si étrangère aux esprits qu'on ne songea même pas, en général, à comparer les dilTérentes versions grecques ni à profiter, quand ils furent accomplis, des grands travaux bibliques des Alexandrins. On n'essaya pas non plus de rédiger une traduction officielle, qui pût faire autorité pour tous les fidèles. La plus grande légèreté, s'il faut en croire un passage de saint Augustin bien souvent cité, présida à ce mouvement de traduction : « Aux premiers temps de la foi, dit-il, le premier « venu, s'il lui tombait dans les mains un texte grec et qu'il « crût avoir quelque connaissance de l'une et de l'autre « langue, se permettait de le traduire \ » Que fimt-il entendre par ces « premiers temps »? A nous en tenir à l'Ancien Testament, il ne faut pas sans doute remonter au delà du second siècle : ce ne fut qu'alors que l'Eglise latine compta en majeure partie des membres dont le latin était la langue familière et qu'elle eut perdu toute connaissance de l'hébreu. A la fin du ix" siècle, quand saint Jérôme se décida à composer d'après l'hébreu, avec l'aide de quelques juifs, cette version qui devait être la Vulgate, le nombre et le désaccord des traductions latines faites d'après les Septante étaient devenus un embarras considérable dans une Eglise où la connaissance de l'hébreu n'existait pas et où celle du grec allait se perdant tous les jours. « On « peut compter, dit saint Augustin, ceux qui ont traduit les « Ecritures de l'hébreu en grec, mais non ceux qui les ont « mises (du grec) en latin \ » « Si l'on veut que les textes « latins fassent autorité, dit saint Jérôme, qu'on me dise les- « quels : car il y en a à peu près autant que d'exemplaires '. »

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