Prufatio in Ei'anoclia ad Daiiuisuin papain
On voit notamment par les commentaires de saint Augustin dans quelle incertitude il lui arrivait souvent à lui-même de se trouver : le grec, que d'ailleurs il ne possédait que médiocrement, ne suffisait pas à le tirer d'affaire; car, sans parler des versions autres que celle des Septante, les manuscrits de celle-ci présentaient les divergences les plus graves. Quant aux fidèles qui ne savaient pas le grec, ils acceptaient la leçon d'un manuscrit quelconque, ou cherchaient en vain, en comparant des variantes souvent également fautives, à retrouver le sens de l'original. C'est sur une Bible aussi incertaine qu'a vécu pendant trois siècles l'Eglise d'Occident. Toutes ces versions indépendantes avaient sans doute été plus d'une fois revues et corrigées l'une sur l'autre, ce qui, loin de diminuer la confusion, devait l'augmenter encore. Saint Augustin, qui en avait d'ordinaire plusieurs sous les yeux, en désigne cependant comme supérieure aux autres une qu'il appelle « la version italienne » : /;/ ipsis interprétai ionibiis , dit-il, Itala ceteris prœjeratiir ; nain est verboriim tenacior cani perspicuitate sententix '. Cette phrase a donné lieu à bien des erreurs, qu'on peut regarder aujourd'hui comme dissipées. Pendant longtemps on a voulu rapporter à Yltala tous les fragments qu'on découvrait de versions latines de la Bible antérieures à saint Jérôme. Les derniers .critiques, M. Ziegler surtout, et après lui M. Robert, ont fait justice de cette illusion. Parmi les fragments qui nous sont parvenus, il en est peut-être qui appartiennent à cette Itala; mais il nous en est parvenu de bien des versions différentes, et ce que dit saint Augustin est forcément trop peu caractéristique pour qu'on puisse avec sûreté désigner parmi eux ceux qui justifient son éloge. Ce n'est pas en tout cas le Pentateuque de Lyon, même en le supposant plus correct que nous ne l'avons, qui a jamais pu le mériter : les mots y sont bien conservés (quand ils sont compris), mais la phrase est loin d'y être toujours claire, et cette traduction rentre évidemment dans la classe de celles que le même écrivain bLâme comme étant trop littérales, tandis que d'autres, d'après lui, étaient trop libres (nous n'avons pas de spécimens de celles-ci). On s'est aussi obstiné à vouloir, quelque