Sittl, p
4. Qu'il ne faut pas confondre avec Probus, comme le fait M. Robert, p. 42.
[5. Cf. ci-dessus les articles sur VAppendix Prohi.]
6. B pour V se trouve, et même à l'initiale, dans le palimpseste de Munich (Ziegler, p. x).
7. D'autres africanismes allégués par M. Sittl, comme eu :rr v, mm := nin, sont, comme tels, plus que douteux; voy. l'important article de M. Schuchardt dans la Zeitschrift fiir romaniscbe Philologie, VI, 628.
yo I.ATIN VULGAIRE ET LANGUES ROMANES
Lyon n'a donc pas ctc copié en Afrique; il est probable qu'il ne l'a pas été non plus en Italie : outre les remarques faites sur o = an et // confondu avec ci, on peut noter que Vs finale n'y tombe jamais'. Rien ne s'oppose, au contraire, à ce qu'il ait été écrit en Gaule, dans le pays même où il a été conservé, et où il devait être au viii'^ siècle, à en juger par l'écriture et l'orthographe des notes ajoutées à cette époque. Mais cela admis, nous ne pouvons encore en rien conclure sur le pays où la traduction copiée dans ce manuscrit a été faite.
Pour la flexion, il est souvent très difficile de discerner ce qui appartient au copiste et ce qui revient à l'auteur, ce qui tient à des confusions phonétiques et ce qui offre des particularités vraiment grammaticales. L'étude minutieuse de ces faits nous entraînerait trop loin ; bornons-nous à signaler, après M. Robert, les plus importants. Certains pluriels neutres deviennent des singuliers féminins : les plus remarquables sont crura, plur. entras^, et castra, gén. castrœ, qu'on retrouve en France dans les nombreux noms de lieux comme La Châtre ou au pluriel Châtres; des neutres deviennent des masculins; renés est féminin (de même reins en ancien français); des mots delà quatrième déclinaison passent à la deuxième. Les nominatifs carnis, sangninis, principis, sont surtout dignes d'attention : ils se retrouvent dans des documents écrits en Gaule à l'époque mérovingienne 5. La rection des cas est très incertaine; il faudrait un examen approfondi pour distinguer ce qui provient du calque du grec, de l'usage de l'auteur et des fautes des scribes. — Les irrégularités de la conjugaison sont assez nombreuses, même en dehors des simples manquements à l'orthographe ; elles se retrouvent d'ailleurs à peu près toutes dans d'autres docu-
1 . La prosthèse d'une voyelle devant s impure paraît aussi se produire en Italie beaucoup plus tôt qu'en Gaule.
2. M. Ziegler veut que, dans entras superiores, le second mot soit une correction d'un scribe pour superiora, amenée par c/Mrrt5,. lequel ne devait luimême son s qu'à la répétition fautive de Vs de superiores ; c'est bien compliqué, et le passage du neutre pluriel au singulier féminin était si fréquent en latin vulgaire qu'il est tout indiqué de l'admettre ici.
5. Voy. H. d'Arbois de Jubainville, La ih'çlinaison latine en GauJe à V époque vùrovingien ne ,
menls du latin vulgaire. — Signalons les adverbes deosiim, sitsum, et desusmn, formes très anciennes, in scinel, commun à la plupart des langues romanes au sens de simula les prépositions composées ah antc, de inter, de super, qui se retrouvent dans les dialectes néo-latins. — De syntaxe, dans un texte aussi mécaniquement calqué sur le grec, il ne saurait être question. La grammaire, en somme, ne nous apprend rien de certain sur l'origine de notre version du Pentateuque ; mais elle est loin de nous interdire de la chercher en Gaule ^.
C'est dans le vocabulaire que M. Robert a cru trouver le principal appui de son opinion sur la provenance africaine de cette version. Il a dressé une liste de mots qui ne se lisent, en dehors du Codex Liigdunensis, que chez des écrivains originaires d'Afrique, ou qui se lisent chez eux pour la première fois. Mais une objection préalable, qui a déjà été formulée par M. Aubé% s'oppose à ce qu'on adopte sans réserve la conclusion du savant éditeur. Sauf Commodianus, saint Hilaire, Lucifer et un peu plus tard saint Ambroise, tous les représentants, ou peu s'en faut, de la première littérature latine chrétienne, appartiennent à l'Afrique : il est donc naturel qu'un texte chrétien du m" siècle présente dans son vocabulaire une grande ressemblance avec les ouvrages des chrétiens d'Afrique, et cette ressemblance peut fort bien tenir, non pas à ce qu'il est africain, mais à ce qu'il est chrétien. Tel est le cas, par exemple, pour les mots si nombreux empruntés au grec, qui, dans toute l'église latine, ont été indépendamment puisés aux mêmes sources. Mais des Africains non chrétiens, Apulée, Macrobe, Ctelius Aurelianus, sont également cités par M. Robert comme ayant des mots rares en
1. L'italien insiciiie ne peut venir de in siiiniî, qui donnerait insciiie ou insemo; le provençal senis, ensews, ayant un e ouvert (voy. le Dictionnaire de rimes d'Uc Faidit), renvoie également à semel. Mais d'autres formes romanes peuvent remonter à siniul.
2. Elle nous y engage plutôt. Sans parler de la phonétique générale, qui n'a rien de très caractérisé mais peut fort bien être gallo-romaine (signalons surtout / pour e long), on peut citer les formes stela (seulement français et provençal), phiolu (de même), sepellire (mais on retrouve cette forme dans des manuscrits de différentes provenances) et quelques autres,