‹ Mélanges linguistiques (volume 2)Chapitre 32 sur 60 · Revue archéologique, 1881, p · texte numérisé non relu

Revue archéologique, 1881, p

comnuin avec le Codi'x Lugduucnsis. L'erreur possible est ici d'une autre nature, et elle a été signalée par M. l'abbé Misset ' : la plupart des mots en question sont des composés ou des dérivés qui sont dans le génie du latin de la décadence, et qui sont formés par des procédés en usage chez tous les auteurs qui l'ont écrit-, M. Robert répond, il est vrai' : « Tant que M. Misset « ne m'aura pas démontré que les mots cités dans ma liste ont « été employés par des auteurs latins antérieurs à Cyprien, « Tertullien, etc., j'ai le droit de croire ma conclusion admis- « sible. » Peut-être ; mais ce qui est admissible n'est pas pour cela probable, et la probabilité fait défaut à la conclusion de M, Robert. Voici même un fait qui la contredit. M. Sittl, dans l'ouvrage cité plus d'une fois, a remarqué (p. 149) que saint Augustin avait dû avoir une version du Pentateuque composée en Afrique, et il relève dans ses citations plusieurs mots qu'il regarde comme des africanismes. Il en cite sept : pour deux {siipernomino et superpositio) les passages correspondants manquent dans notre manuscrit ; un, inciimbere dans un sens particulier, s'y retrouve (G«/., xxxviii, 13), mais il est bien peu caractéristique; les quatre autres y sont remplacés par d'autres expressions : exsecramentiim'^ une fois (Nuin., v, 21) par cxsecratio, et l'autre {Deut., vu, 26) par abominaiio; rdiquiariiim {Gen., xliv^ 7) par reliquias; clamare aliquem (Ex., m, 4) par vocare; turhare (Gen., xlviii, i) par inœstuari. Le vocabulaire du Pentateuque de Lyon, si nous examinons les listes de mots pouvant appartenir au latin vulgaire qu'a dressées M. Robert, n'offre rien de très particulier : acccia était déjà connu (voy. Diez) et survit, avec le sens de « bécasse, » en italien, en espagnol et dans divers patois français {acée); criniculas, par son genre, rappelle

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