Voir Kluge, Gruudriss de Paul, I
2. Voir Pogatscher, 7,jir Laidkhre der griechischen, lateinischeii tuul roniaiiischen Lehniuôrter iiii Altenglischen (Strasbourg, 1888), p. 184 et suiv. : « Dans les mots empruntés anciennement par le kymriqueau latin, malgré de nombreux cas de c devant les voyelles claires (<', t), je ne trouve pas un seul
exemple qui indique l'assibilation Il en est de même dans les mots
empruntés au latin par l'irlandais. » Ce jugement est pleinement confirmé pour le breton par le beau livre que vient de publier M. J. Loth : Les mots latins dans les huigiies brittouiques (Paris, 1892).
3. Pour cette dernière langue, où le fait est contestable, voir la note suivante.
relevé par Die/, que les clercs qui, au vi'-' siècle, notèrent pour la première fois l'anglo-saxon, attribuaient au c de l'alphabet latin la même valeur devant e, i que devant les autres voyelles perd de son importance s'il est vrai, comme l'admettent aujourd'hui les savants les plus autorisés, que le r anglo-saxon à cette époque eût déjà subi le commencement de l'altération qui devait l'amener à /J: ' ; mais il faut noter que, un siècle ou deux auparavant, la même application du c latin avait été faite au breton et à l'irlandais, dans lesquels l'explosive prépalatale sourde n'avait subi aucune altération-.
L'altération indépendante du c latin dans les différents pays romans où elle s'est produite est rendue vraisemblable par les faits externes de l'histoire de cette altération tels que nous pouvons les connaître. Les témoignages graphiques, comme je l'ai indiqué plus haut, semblent attester qu'elle a eu lieu en Italie sensiblement plus tôt qu'en Gaule (et probablement dans l'Italie du sud plus tôt que dans l'Italie du nord). Mais ce qui, dans l'ordre des faits positifs, milite le plus puissamment en faveur de cette théorie est l'examen du sort de l'explosive prépalatale sourde latine en sarde, en illyro-roman et en roumain. Il montre clairement qu'on ne peut faire remonter au latin vulgaire, en définissant ce mot comme je l'ai fait plus haut (p. 78), même un commencement d'altération dans la prononciation de cette consonne, et par conséquent que l'altération qu'elle a subie en italo-roman, en hispano-roman, en gallo-roman et en rétoroman appartient au développement individuel de chacune de CQS langues.
Un des arguments à coup sûr les plus frappants en faveur de la prononciation latine du c comme explosive sourde simple est la conservation de cette prononciation jusqu'à nos jours dans le sarde de Logudoru. La connexité de la prononciation sarde
1. Voir Kluge, dans le Grnndriss de Paul, I, 858, et le livre, cité plus haut, de Pogatscher.