Voir Meyer-Lûbke, Zeitschr , fur rom. Philol., X
2. Voir G. Meyer, dans leGrundriss de Grôber, I, 805, 8(5 ; Etyni. Wôiterhiich âer alhan. Sprache, Strasbourg, 1891.
3. Voir Meyer-Lûbke, Zeitschr. Jiïr rom. Phil., X, 601. Le c a pris cette prononciation même devant un e d'origine récente, répondant par exemple à un a latin.
4. Je n'ai pas à m'occuper ici de la répartition de ces deux représentants du c latin.
5. Sauf qu'en français et ailleurs encore le c en position faible est traité d'une façon particulière, tandis que le cj est toujours traité comme le c en position forte.
6. Je ne prends mes exemples, pour abréger, que dans le daco-roumain.
ts (J'acit >> faisc, cervuin >• iserv, etc.), mais ry devient ts (faciam, pour facicni, ^ fat sa, braciiiin= bracJjium >> brats'). Il semble bien résulter de là que l'évolution du roumain est indépendante de celle des langues occidentales, puisqu'elle ne repose pas. comme celle-ci, sur l'identification de c l\ q. — 2° Une différence plus frappante encore se produit dans le traitement de se et de scj : le premier donne st (pascit >» paste, piscem^pesie), le second simplement s (fascia ';> fasa '). H est d'ailleurs probable que st. est ici pour un plus ancien sis -, en sorte que ce cas ne diffère pas au fond duprécédent. — 3'' Cequi est beaucoup plus probant, c'est que le qn devant e, i est traité en roumain comme le c : qnid'^tse, quacro^ tser, neque^ nitsi, aquila >> atkra, etc.', tandis que dans toutes les langues romanes qu devant e, i a passé à un simple c +, qui s'est maintenu sans altération ' jusqu'à nos jours ''. Cela prouve, comme on l'a vu plus haut pour le français, qu'à l'époque où dans ces langues qui, que ont passé à ci, ce, le c latin ne se prononçait plus c, puisque le ci, ce provenant de qui, que s'est maintenu, tandis que l'autre passait à tsi, tse ou. tsi, t'se; et qu'en roumain, au contraire, quand qu est devenu c devant c, i, \cc était encore c, puisque les deux consonnes ont subi plus tard le même sort. Ces remarques suffisent, je pense, à attester pour le roman oriental une évolution du c indépendante de celle des autres
1. Le traitement de scio^'stiii est tout à fait remarquable : bien quel'/ soit suivi d'une voyelle, comme il est tonique et par conséquent ne devient pas ;, le c est traité comme devant / simple (aux formes de ce verbe où Vi est atone, l'analogie l'a fait traiter de même).
2. Voir Tiktin dans le Gruiidriss de Grôber, I, 447, no 98, et cf. particulièrement «c^t/z/é; (composé avec cine)^ iiestine.
3. M. Tiktin, /. c, cite ici laqueiim > lats, mais luijiwuin était hiciuDi en latin vulgaire, et c'est à lachiin que répond lats.
4. Dans l'it. ciiiqueiXzx. vulg. chique), où l'on attendrait ciiiclh', Vu de que s'est maintenu probablement sous l'influence analogique de ciuquauta. (Cf. esp. cinco.) Ce même u, avant la réduction générale du qu à c, a été attiré à la syllabe tonique dans l'ancien pic. cljiuulc (monosyllabique), actuellement diunlt; le ladin /îh;;/.- s'explique de même (Cf. Meyer-Lùbke, Gruniiu., § 340).
5. Sauf dans quelques patois modernes; voir ci-après, p. 100.
6. Comparez le sarde cijiinbe, le fr. cinc et le roum. ciitci, de cinque.
langues et ayant également pour point de départ la prononciation latine duc comme explosive sourde simple '.
Puisque cette prononciation s'est conservée intacte jusqu'à nos jours en sarde et dans ce qui subsiste de l'illyro-roman, puisqu'elle n'a été altérée en roumain qu'à une époque où toute communication avait cessé entre le territoire de cette langue et les autres parties de la Romania, nous n'avons aucune raison de ne pas admettre qu'en italo-roman, en hispano-roman, en gallo-roman et en réto-rom.an l'altération du c s'est également produite d'une manière indépendante et a des époques diverses. Rien n'est d'ailleurs plus contorme aux données phvsiologiques qui ont été résumées plus haut. « Il n'y a pas là de nécessité phonétique », dit M. Grôber, citant diverses langues qui n'ont jamais altéré le c prépalatal. Non, mais il y a plus qu'une possibilité : il y a une véritable suggestion phonétique, comme le montre l'altération identique de ce c dans plusieurs autres langues, dont le savant romaniste cite lui-même quelques-unes. Q.ue cette altération puisse se faire indépendamment dans des parlers même très voisins, c'est ce que suffit d'ailleurs à montrer un coup d'œil jeté sur nos patois. Nous avons aujourd'hui en français uni: prépalatal qui, sans parler des mots empruntés à des langues étrangères, a trois sources : le gu latin devant e, i (quel, qui, quinze, conquête), le q latin devant â ou à devenus ô (cœur, rancœur) -, le q latin devant u devenu û (cul, curé) : les voyelles ô et //, qui n'existaient pas en latin, amènent, pour la formation de l'explosive palatale qui les précède, une position de la langue très voisine de celle qu'elle prend devant c, i. Or, nous trouvons en Normandie, par exempl', et à Guernesey tchô = cœur, tchil =^ cul, en Poitou tchfir = cœur, tchiïlotie = culotte, en Picardie tcheur = cœur \
1. L'altération du c en roumain n'en est pas moins fort ancienne, puisque les mots empruntés à l'albanais ou au grec moderne qui présentaient un c l'ont conservé intact (voir Joret, p. 176) et sont par conséquent entrés dans la langue après que cette altération était consommée.
2. Je laisse de côté le changement de à tonique -,- 7 en ni (cuir, ciiiri'), qui produit des résultats analogues, mais qui demanderait quelques explications supplémentaires.