Voirjoret, /. c
4. Voir, sur le parler de Cellefrouin et des environs, les pénétrantes observations de M. l'abbé Rousselot, Les modifications phonétiques du langage étudiées dans le patois d'une faiiiilie de Cellefrouin, p. 185 et suivantes.
1° La prononciation du c en huin ne différait pas de la prononciation normale de cette consonne, c'est-à-dire que le c devant c, i était l'explosive prépalatale sourde simple ;
2° On ne trouve nulle part, avant le vi^ siècle, aucun indice d'un commencement d'altération dans la prononciation du c latin ;
3° L'hypothèse d'après laquelle cette altération aurait commencé entre la conquête de la Sardaigne (238 av. J.-C.) et celle de l'Espagne (197 av. J.-C.) est à rejeter comme s'appuyant sur une erreur de fait : en effet, la conservation du c intact à Veglia jusqu'à nos jours, en albanais pendant longtemps et en roumain assez tard, prouve que les pays orientaux, romanisés bien après la conquête de l'Espagne, avaient encore reçu \tc avec la prononciation antique;
4° L'altération duT qui a abouti à ts ou ts (et de là à des phonèmes encore plus éloignés du point de départ) en Espagne, en Gaule, en Rétie et en Italie a dû se produire indépendamment dans ces différents pays ; l'observation de ce qui s'est passé dans plusieurs parlers français pour le nouveau c provenant de q nous montre des faits absolument parallèles; cette altération, d'ailleurs parfaitement conforme aux données de la physiologie, se retrouve indépendamment dans un grand nombre de langues.
[Annuaire de l'École pratique des Hautes Etudes, 1895, P- 7-37-1
l'altération ancienne du c latin 103