Voir les exemples du dictionnaire de Georges
P. 68. A ensorceler, écartelcr pour ensorcerer, escarterer, il faut ajouter en français ancien ou moderne niortclier (d'où nwrtclerie) pour niorlerier, prangeler pour praiijrerer, prunelaie pour pruneraie, mcrcclot pour mercerot, mourmeler pour nioiirmerer, Mourmelon (Marne) pour Mourmeron, prioiilei pour prioré, le nom propre Berthclot pour Berîherol '.
P. 72. L'auteur explique la non-dissimilation de chalcincl, chahimeaii, par la présence de chaline; mais il y a une grande différence entre une / intervocale et une / implosive. Jusqu'au xii*= siècle re français a dit chàleme, et c'est cette forme qui a pu « retenir » chaJeniel. Toutefois il ne paraît pas que même sans cela la dissimilation fut imposée. On n'en voit aucune trace dans Inmele, qui cependant de très bonne heure était devenu alemek, alumek par la préfixation de l'article (la laniele), ce qui aurait dû favoriser la dissimilation {raniela se trouve en dauphinois). C'est un des cas où se pose la question du caractère obligatoire de la dissimilation, question que M. Grnmmont, je l'ai dit, n'a abordée qu'occasionnellement, qu'il paraît supposer résolue dans le sens affirmatif, mais qu'il aurait dû traiter d'ensemble, pour écarter de ce domaine ce qui semble y rester de caprice ou de hasard.
P. 75. Le provençal et le français comme l'italien ont dissimilé le nom allemand Frcdric en Fedric, Fcrri-.
P. 79. Le fait que dans les formes issues de loitiin, Ulum ' tirés par assimilation de loiniii, liluDi, c'est le premier groupe qui a été dissimilé est attribué par l'auteur à la loi xvn, d'après laquelle « de deux phonèmes intervocaliques, c'est le premier qui est dissimilé » ; mais ici le premier groupe étant à la fois
1 . On trouvera plusieurs de ces exemples, et avec eux beaucoup d'autres, dans le volume que vient de publier M. A. Thomas et que je reçois pendant que je corrige les épreuves de cet article : Essais Je philologie française (Paris i<S97), p. 361 et suiv. M. Thomas est porté à contester plus d'une idée de M. Gramniont et à ajouter de nouvelles « lois » à celles qu'il pose. Il se rencontre avec moi dans plusieurs remarques.
2. On trouve aussi Fedri. Peut-être le cat. faJri, anc. esp. fadrin, « jeune homme », correspond-il à */raliîiiii>ii (anc. fr. frarin), plutôt qu'à iii/anUmitii.
3. C'est ainsi qu'il faut écrire, et non Ijol/iini, Ijiljiuii ; on ne doit pas conondrc le phonème / avec le le groupe //.
LA DISSIMILATION C0NSONANTIQ.UE I39
initial et tonique, on s'attendrait à ce que la dissimilation atteignit le second. Si elle a atteint le premier, c'est sans doute parce qu'aucun mot dans les langues et à l'époque où elle s'est produite ne commençait par / '. Dès lors on peut révoquer en doute le caractère dialectal des formes en i et les conséquences que tire M. Grammont de la répartition différente des formes en / et des formes en / ; on peut admettre que fofiiin, Uhun ont été universellement répandus, et queyo/o, jiio d'une part, loîo -, liio de l'autre en sont des dissimilations différentes.
P. 81. Aux formes italiennes [^-'oZ/ho, ^■:/:^;(c)//;w correspondent les formes françaises Hiieïin, Acelin, qui peuvent être pour Hiienin, Accnin (de Huon, Açon ; de même Guacelin de Giiaçou, LanceJiu de Lançon, Doelin de Doon') ; toutefois les nombreux diminutifs en -//// qui proviennent de noms en -bcrt {Guibelin attesté dès le x"" siècle, Robelin, Lanihelin, Ticbelin, etc.), en -icr (Gauqiielin) ou de noms terminés par une voyelle (Jaquelin, Jocelin') jettent quelque doute sur cette explication K II faut d'ailleurs joindre à ces noms d'hommes des noms de femmes, comme Ermeline, Enieline, de Erme, Eme, où l'on ne voit pas non plus de dissimilation +.
P. 82. « Le V. fr. ^onfanon est emprunté, comme le prouve son a. » « Emprunté » est ici équivoque : le mot français est bien d'origine allemande (giindfanon), mais gonfanon est la forme normale qu'il a eue dès son introduction et qu'il a gardée (l'a n'avait pas à se changer en c parce que la composition était sentie,) ; gonfenon, gonferon {ou conferon^ sont postérieurs et n'ont qu'un sens dérivé. Et si la dissimilation était obligatoire dans gonfanon, comment ne s'est-elle pas produite dans fanon ? encore la question du caractère général de la dissimilation.