Rcesler, 1. 1., p
5. Les Grecs d'Italie et de Sicile conservèrent leur langue jusqu'à une époque assez avancée du moyen âge.
4. En partie ; car il est aujourd'hui indubitable que l'albanais représente la langue primitive des peuples de ces pays (illyrien), comme le gallois représente le celtique de Bretagne. Quant aux Slaves, malgré les efforts laits par plusieurs savants slaves pour établir l'existence de leur race dans ces contrées dès les temps antiques, leurs arguments sont jusqu'à présent dénués de toute force probante.
5 . Voyez les curieuses citations de Constantin Porphyrogénète faites par M. Schuchardt, FokiiUsiiiiis,lll, 52 ss. L'auteur semble, il est vrai, restreindre ce nom de 'Piofiavoi aux habitants de la Dalmatie parlant latin [*Sur les Romans de la Dalmatie, voy. C. Jirecek, Die Roiiniiwn in deii Stàdten Dalmalietis wàhrciid des Mitlehiltcrs, I, Wien, 1901 (Denkschr.der K. K. Akademie).
l6 LATIN VULGAIRE ET LANGUES ROMANES
reçurent des Allemands le nom de ÏValahen ; car Zeuss a incontestablement raison d'attribuer aux Allemands l'origine de cette désignation '. Il est vrai qu'actuellement ils ne sont pas en contact avec les Allemands % mais on sait que ces pays furent ceux par lesquels les premières invasions germaniques se précipitèrent sur l'empire : elles y avaient d'ailleurs été précédées par une nombreuse colonisation. Là comme partout les Allemands appelèrent JValahen ceux qui se nommaient Romani, et ils transmirent cette désignation aux peuples divers qui les remplacèrent dans ces régions ; les Grecs l'adoptèrent eux-mètnes par la suite {^^'kt-'/zi). L'un et l'autre nom, le premier dans la bouche des étrangers, le second dans celle des i^oman/, désignent jusqu'à nos jours les descendants singulièrement disséminés des anciennes populations romanisées de ces provinces. On sait qu'ils ont aussi gardé leur langue et que, tout altérée et imprégnée d'éléments étrangers qu'elle est, elle mérite sa place parmi les dialectes modernes où vit encore la langue latine 5.
Cf. Rev. ait.. 1902, II, p. 386]; mais quand il dit : 'H ôi xal -wv aÙTwv 'l'foaâvwv O'.axpctTTiat; rjv [J-ï/pt xou AavoûfJcwj TCOTaijLoC», on voit qu'il les rattache aux Valaques de la Mésie. Les soldats qui au vie siècle, dans l'armée de Commentiolus, général de l'empereur grec Maurice, causèrent une déroute en proférant Tr, -axpoja çwvr; (Théophane), ir.iyto^Uo yÀoîtit) (Théophylacte) ; les paroles souvent citées: To'pva, xo'pva, çpâipc, pîTo'pva, étaient très probablement de ces Tfoaàvoi dont parle Constantin. — Je ne puis douter, pour ma part, qu'on ait parlé latin depuis les Alpes jusqu'aux bouches du Danube avant les invasions germaniques et slaves. Seulement la langue illyrienne s'était maintenue jusqu'au moment où les invasions empêchèrent définitivement le latin de l'absorber.