‹ Mélanges linguistiques (volume 3)Chapitre 27 sur 151 · Cf. Romauia, XXXII · texte numérisé non relu

Cf. Romauia, XXXII

généralement acceptée, cette étymologie n'a pas satisfait tous les philologues ' : M. Storm ne s'en est que peu écarté en proposant * discenare (Roniaii. Y, 177) ; mais dans un même numéro du t. I de la Zeilschrift fur roniauische Philologie^ M. Rônsch et M. Suchier ont proposé deux explications nouvelles : le premier (p. 418) rattache disner à esca par les intermédiaires *escinare et *deescinare; le second (p. 429) le titre de discus, table à manger, d'où on aurait fait discinare (cf. Rom. VI, 629). M. Scheler, dans l'appendice qu'il vient de joindre à la quatrième édition de V Etyuiologisches Wôrterhiich, fait remarquer que ces deux étymologies ont le défaut de supposer un suftixe verbal -inare qui n'existe pas. Il aurait pu ajouter que discinare et deescinare (!) donneraient nécessairement en a. fr. disnicr ou doisnicr, tandis que disner riiuQ toujours en e pur. Je ne rappelle que pour mémoire l'idée que j'ai eue un moment et dont j'ai entretenu la Société de Linguistique de rattacher dis?ier à d est inare. Enfin tout récemment un savant qui n'est pas romaniste par état me proposait die coenare, qui est assurément fort ingénieux.

La concurrence ne peut réellement exister qu'entre un comcomposé de coenare, ave: de ou dis, et Tétymologie de M. Mahn, disjejunare. Or il fiiut bien reconnaître que la formation d'un mot comme decoenare n'a aucune vraisemblance : la coena est le repas du soir ; coenare était nécessairement encore en usage à l'époque où on aurait créé decoenare : on aurait imao:iné une singulière façon de distinguer le repas de midi et celui du soir en disant decoenare pour le premier en regard de coenare pour le second. Les analogies invoquées par Diez pour l'adjonction du préfixe de sont fort lointaines. D'ailleurs decoenare ou discoenare, tout comme discinare ou deescinare, aurait donné disnier. Pour le fond comme pour la forme, l'étymologie de Diez est donc fort peu acceptable; il faut en dire autant de ses variantes. Diez oppose également des objections de fond et de forme à l'étymologie soutenue par M. Mahn et par M. Littré (qui l'a abandonnée devant ces objections). « On ne peut guère comprendre, dit-il {Krilischer Anhang, p. 15 ; Wb.' I, desinare).

I. M. Brachet range dîner parmi les mots dont l'origine est inconnue.

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