CAHIER
M. Littré et M. Diez se sont diversement trompés sur ce mot. Voici l'article de Diez {Etyinol. JVb., 2^ éd., II c, p. 236). « Si on regarde cayer (c'est l'ancienne orthographe) comme venant du pic. coyer (quoyer Hecart), comme frayeur de froyeur, il peut être contracté de codicariiiin, dérivé de codex, et connu d'ailleurs du latin, bien que dans un autre sens. Nicod remarque déjà : « Cayer semble qu'il vienne de codex, pourtant les Picards disent « coyed, et semble que le françois debvroit dire cayed. » Ducange et autres tirent ce mot de qiiaternio, qui en bas-latin désigne quatre feuillets cousus ensemble, mais qtiaternio aurait tout au plus donné car gnon : ce mot se rencontre à peu près, sous la forme careignon, etc. ' )> Voici maintenant l'article de M. Littré : « Origine obscure. Les mots des autres langues romanes, ital. qnaderno, catal. cuern, se rapportent au bas-latin quaternuni, cahier de quatre feuilles; serait-il possible que quaternariiini eût été contracté en quaier ? Il y a dans l'ancien français carreignon, cahier [de qnaternio] ; par conséquent quaternarium aurait donné carreler; pour de là passer à r^/7/Vr, il faut admettre une forte altération, non impossible en un mot très vulgaire. On trouve cahier de chandelles (Godefroy, Annotations sur Thistolre de Charles VI, p. 708) qui signifie probablement un paquet de quatre chandelles et qui se montre encore sous la forme cahoer. Ces rapprochements portent à considérer cahier ou cahoer ou
je ne suis pas sûr que la description de ce bouvier réponde bien à notre houvreuil. — Une variété du bouvier, d'après le même dictionnaire, est le borin ; ce nom répondrait à boarinus; mais Buffon donne borin comme le nom génois d'une espèce de fauvette (t. IX, p. 178).
I. Cette étymologie n'est pas nouvelle; elle a été donnée par Ménage, qui d'abord avait proposé scoparium,et figure dans tous les dictionnaires du xviric siècle ; comment a-t-elle pu échapper à M. Diez ? M. Schelcr la rapporte, et, chose étrange, ne se décide pas entre quaternum et codicarium.