‹ Mélanges linguistiques (volume 3)Chapitre 38 sur 151 · A VEXVI · texte numérisé non relu

A VEXVI

L'étymologie de ce mot est tellement simple qu'on a peine à comprendre comment elle n'a pas été donnée jusqu'ici. Invitare a fait en anc. h. envier, comme convitare a fait convier; de ce verbe on a tiré le subst. e?ivi, proprement « invitation » (cf. canvi de convier^, puis spécialement « défi au jeu, gageure, surenchère ». Envier, renvier, dans ce sens, sont perpétuels au moyen âge. Jouer sur Tenvi de quelqu'un, ou renvier, c'est forcer le jeu, augmenter la mise. Il me paraît inutile de donner des exemples de ces locutions : de là on dit jouer à Tenvi, à Tenvi l'un de l'autre. — Ce m.Qi envi ne prend jamais naturellement ni e, ni s, et c'est pourquoi on ne peut le rapporter ni avec Ménage à invicem, ni avec M. Diez à invidia, ni avec M. Littré à l'anc. fr. ^;/t7~, de invitis, qui signifie (( malgré soi » ; le sens ne comporte d'ailleurs ni l'une ni l'autre de ces explications. — M. Littré, qui donne envi comme terme de jeu, le tire de la locution à Tenvi, par une interversion manifeste, empruntée d'ailleurs à Génin. — Je m'abstiens cette fois de reproduire les explications des ét}miologistes : la dérivation de ce mot est si claire qu'il suffit qu'on l'indique pour que son évidence éclate ^

1. Raynouard donne ailleurs (II, 369) un mot caierna auquel il n'assigne aucune étymologie, et qu'il traduit par « débauchée ». Mais, au moins dans l'exemple unique qu'il en rapporte, il semble que ce mot puisse être un adjectif et signifier « quatrième, quatre par quatre ».

2. J'avais fait sur ce mot à la Société de linguistique, dès le mois de mai dernier, une communication beaucoup plus développée. J'ai jugé inutile de

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