Voir Kôrting, s. v
524 NOTES ETYMOLOGIQ.UES
genre qu'on serait tenté d'admettre. La forme amoise, p. amorce, remonte à admorsa par la forme intermédiaire amoirse ou amocrsc; c'est en effet un des caractères les plus saillants et les plus anciens du wallon que de diphtonguer Yo en oe même quand il est en position (devant une consonne double): il d'il fo lier ce pouerc comme l'esp. dit fiicr:^a piierco, tandis que les autres langues romanes (sauf le roumanche et certains dialectes francoprovençaux) ne diphtonguent que Vo bref accentué et conservent Vo latin en position (^force porc amorse). Dans les mots de ce genre où Vo précédait en latin un groupe de deux consonnes dont la première était r, cette r est tombée dans le wallon actuel, au moins en beaucoup de cas, ainsi ainoe{i')se amoise. Mais tout porte à croire que cette chute de Vr n'avait pas encore eu lieu au xv^ siècle ; or on trouve à cette époque en français un dérivé de nioise, moisine. M. Littré, qui signale ce mot, dit : « La forme moisine du xv^ siècle n'explique rien. » Elle prouve du moins surabondamment que moise ne vient pas du wallon hypothétique ??ioise, car si ce mot avait passé en français au xv^ siècle il se serait présenté sous la forme moirse et aurait eu pour dérivé moirsine[^].
[Mémoires de la Société de Linguistique, I (1868), pp. 283-292.]
FAIJE.
Les étymologistes antérieurs à Diez tirent le français faite du latin fastigium. Ce savant n'hésite pas non plus à admettre cette étymologie : « Faite (r. (m)., v. f. faïste, et aussi déjà disyllabe feste; de fastigium, it. fastigio. » M. Littré, ici comme en d'autres cas, a tenu plus de compte que Diez de la difficulté phonétique; voici son article : « Btny, fait ; norm.,/^Y ; genevois, la frète; Bâle, le frète. On le tire du latin fastigium, mais, ce que nous
[* I. Moise zu xiiie siècle dans une fatrasie ào, Beaumanoir (Such., ll,Fatr., 7, 4).]