FAITE
connaissons jusqu'à présent du mot ne comporte pas cette étymologie, et admet seulement, à cause de Tantiquité du mot, quelque forme telle que fastiini, ne tenant à fasti^inm que par le radical (fastigiiiinn l'accent sur 5//). » Cette difficulté n'a pas arrêté Brachet, qui a essayé, suivant le plan de son Dictionnaire, de rendre compte de toutes les permutations par lesquelles le latin serait devenu le français : « Faîle, dit-il, anciennement faisle. du 1. fastigiiini (faite), par un déplacement irrégulier de l'accent tonique (en fâstioium. d'où faiste par la chute des deux dernières syllabes atones (voy. p. lxxxi), par le changement de a en ai {voy. aigle), et faîte par la chute de s (voy. abînie^. » Je ne discuterai pas minutieusement chacune de ces explications, d'autant plus que l'auteur les abandonne actuellement pour se ranger à mon avis sur ce mot ; je ferai seulement remarquer que les rares exemples français où l'accent a reculé de l'antépénultième à la quatrième (voy. Etude sur F accent latin, p. 38- 39) ne sont jamais conformes comme tastîgium, c'est-à-dire qu'ils ont toujours l'antépénultième brève (p. ex. trifôlium — trèfle^. Supposons d'ailleurs que fastigium, par un accident plus qu'invraisemblable, fût arrivé à donner fàst'gium, le mot français qui serait résulté de cette forme eût été non pasfaiste mais fasge (cf. masticat — masche, etc.). — D'autre part la forme fastum, que M. Littré suppose, si elle avait jamais existé, aurait produit fast fat mais non point fais t fait (encore moins /<7//('), Va de fastum ne se trouvant dans aucune des conditions où Va latin devient ai en français. — Enfin la forme v. fr. faïsle ne s'expliquerait que par un latin fagistium pour fastigium, qui offrirait une métathèse tout à fait insolite. Toutefois cette forme faïste, si elle était bien constatée, rendrait inadmissible l'étymologie que je vais proposer; mais je ne l'ai jamais rencontrée : elle n'a d'autre appui que l'autorité de Diez '. Or, si rares que soient les erreurs de notre savant maître, il n'en est pas absolument exempt, et je ne doute pas que dans ce cas il n'ait été trompé par quelque prédécesseur. Les textes du moyen âge, à
I. Burguy dit aussi : « Faïste, puis feïste feiste, Qnûn faiste, faîte, de fastigium » ; mais il n'a fait que copier Diez, comme d'habitude, en ajoutant seulement de son chef les iormi^s feïste Jeîste, aussi introuvables que/t7;5/^.
526 NOTES ÉTYMOLOGIQ.UES
ma connaissance, ne donnent ni f aïs te, mfaiste que mentionne Brachet. ["jaiste, Reuaiit 151, 7.]
Ces textes nous présentent le mot sous deux formes, l'une masculine, /d'^"/, l'autre féminine, fesle. Voici des exemples de la première et de la seconde :