‹ Mélanges linguistiques (volume 3)Chapitre 43 sur 151 · V. 2639 '• Al vieil, al fel, al soduiant · texte numérisé non relu

V. 2639 '• Al vieil, al fel, al soduiant

Mar ksseratfest en estant. Beneeit, v. 181 55.

« Fcstagium, hoc est pro le fest cujuslibet domus certam pecuniam. » Charte de Sancerre, 1327, dans Du Cange, s. wfestagiiim.

De là un mot du latin du moyen ^gQ,festum. que Du Cange a relevé dans Hugutio ^ et ailleurs ; Du Cange cite aussi des exemples de festis, également tiré de fest. — Fét existe encore dans le patois normand.

2. Feste. Et esgarde amont vers la feste. Crestien, Charete (éd.

Jonckbloet), v. 1 128.

Un petitet leva la teste, Trois bacons vit pendre a la feste. Renart, I, 10.

Car por vous ert molt volentiers

Entamez ja uns (bacons) tous entiers

Qui lassus est a celé feste. La Longe Nuit, v. 815.

Et font fere les loges et vont a la ramée :

La peussiés veoir mainte feste dorée ;

De riches pommiaus d'or reluisoit la contrée GniâeNanteuil,\. 2220.

Careleest des dames la feste. Partonopeus, v. 5198 K

[*Gaidon [v. 7809], p. 348, n.]

1 . Ces exemples sont déjà cités dans Littré, qui apporte encore un exemple de fest au xvie siècle, dans le Coutumier général. — Le fest d'une montaigne est encore donné dans l'édition de Nicod publiée en 1609 par Marquis.

2. « Festutn, lignum istud in summitate domus ad quod omnia diriguntur et in quo conveniunt. « Cf. Diefenbach, Glossarhim latino-germaniciim, s. v, Festum.

3. Ce vers, cité par Henschel, l'embarrasse. F^5/^est pris ici métaphoriquement : elle est au-dessus des autres dames comme le faîte au-dessus du reste de la charpente.

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Plus tard, on trouve ^ussifeste masculin, par exemple dans un passage, cité par Du Cange, de la Coiitiimc de Normandie ; d'autres textes, qui se trouvent aussi dans Du Cange, tirés l'un d'une charte de 1387, les autres de glossaires (cul mus feste vel comble, doma feste de maison), ne tranchent pas la question du genre de ce mot ; mais c'est bien le même qui se retrouve dans ce passage :

Ton cuir ferai voler des piez et de la teste, Si c'on porra veoir a descouvert le feste. Le plait de Renart

de Dammartin contre Vairon son roncinK

Ce feste masculin est notre faîte actuel ; l'orthographe faisle apparaît, dans Littré, seulement chez Montaigne ^

De ces différentes' formes sont issus les dérivés suivants :

Fester (ciilmare festert'e/ combler, Gloss. dans Du Cange).

Festier, -iére, de fiiîte, conservé dans faîliére Çfestiere dans Paré au xvi'^ s. cité par Littré).

Festage, impôt qu'on levait sur chaque maison ; les exemples sont nombreux da^ns Du Cange ; les contribuables prétendaient ne le payer que pour les constructions où il y avait un faîte, tandis que les gens du roi l'exigeaient pour toute bâtisse : les premiers avaient pour eux le droit et Tétymologie. — Un autre sens s'est conservé dans faîtage.

Eiijestaii dans Nicod, écrit par l'Académie eufaîteaii, tuile qui sert à couvrir le faîte.

Festir refestir, — festissitre. Voyez Du Cange.

Ce mot fest ou feste ne peut venir de fastigium pour la forme; mais le sens ne s'accommoderait pas non plus de cette étymologie. En effet les Romains ne couvraient pas leurs maisons avec des fermes de comble comme nous ; ils employaient

1. Jubinal, Nonv. rec, t. II, p. 26. Henschel cite aussi ce vers avec un point d'interrogation. C'est une autre métaphore : le cheval de Renart, si on lui ôte le cuir, ressemblera à une maison dont on a enlevé la toiture et dont on voit à nu le faîtage.

2. Dans R. Estienne (1539) on ne trouve que/^5/^; Marquis, en 1609, donne /^5/^, mais ajoute: Escrivei faiste ; Cotgrave (1650) mentionne encore Jeste, mais pour , dire : Looli ai faiste.

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généralement .la toiture plate ou la voûte; aussi le mot fastigium ne désigne-t-il pas réellement \q faîte, c'est-à-dire la poutre maîtresse dans laquelle viennent se rejoindre et s'encastrer les arbalétriers qui supportent nos toits en pente. — La grande construction en charpenterie est d'origine germanique, et il est tout naturel de chercher dans un mot allemand l'origine de faîte. Ce mot existe, et est celui même qui signifie encore « faîte » en allemand, à savoir frsl ou firste (fém.).

First e (ancien haut ail. fîrst, moyen haut ail. virsle) manque aux idiomes Scandinaves, où il est remplacé par d'autres mots, mais il existe en anglo-saxon et en néerlandais. Ce mot est le même que l'angl. first, et signifie proprement la première, la plus haute (sous-entendu poutre) '. C'est sans doute à sa nature d'adjectif que ce mot doit d'être masculin ou féminin, suivant le genre du mot qu'on sous-entend. Le moy. h. ail. a, absolument comme le v. fr., un- masculin virst (Jest) et un féminin virste Çfeste). D'ailleurs h feste jouait dans les maisons françaises le même rôle que la virste dans les maisons allemandes au moyen âge. On n'avait pas l'usage de placer à la naissance des arbalétriers, appuyé sur l'entrait, un plat fond ; la charpente du toit était visible de l'intérieur des maisons à un étage (c'est-àdire du plus grand nombre), et on pendait les jambons à la feste ou à la firste, où les rats ni les voleurs ne pouvaient les atteindre ^, et où la fumée venait souvent les mûrir '.

Le passage de first firste à fest feste est tout naturel : / en position devient t'+, et r tombe devant st comme dans pesche de

1. Fûrst, « prince », est le même mot. — Je crois cette explication plus juste que celle de Schwenck, qui interprète /r^/^ par « ce qui est en avant, et de là ce qui est en pointe ». C'est le toit qui est en pointe, et non le faîte.

2. Renart, pour voler les bacons d'Isengrin, est obligé de faire un trou dans le toit. Dans le fabliau de Barat et Hainiet, le bacon est de même suspendu au toit ; seulement le mot feste est remplacé par tref : Travers Vavoit à une hart Au tref de sa tnaisoii pendu.

3. Der Jjof ndct) unart verwet sich, Alsam der virst nach rouche (Frauenlob).

4. Ce changement se trouve déjà dans la forme fersta (nom d'un pic des

Vosges appelé souvent virst ou fûrst), au ix^ siècle : Fersta, summitas inontis

Vosagl (Charte de 854, citée dans Du Cange). Voilà une nouvelle application

métaphorique du mot, que nous avons gardée dans l'expression ligne de

faîte.

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