‹ Mélanges linguistiques (volume 3)Chapitre 44 sur 151 · FAITE · texte numérisé non relu

FAITE

persica, astrent{L. des Rois, I, 3 i 0 pour arstrent. Il est vrai qu'en général, dans un groupe de trois consonnes, c'est en français la deuxième qui tombe et non la première ; mais Vs a une ténacité particulière qui fait déroger à cette loi : les exemples de cette ténacité sont nombreux. Seulement l'r est d'ordinaire, en français, aussi persistante que 1'^ ; aussi la langue ne s'est-elle pas résignée sans difficulté à la laisser tomber dans ce mot. Ne pouvant admettre ferste, elle a essayé de sauver 1'/- en la transportant, soit entre 1'/ initial et Ve, soit entre le / et Ve final. De là deux formes, dont l'une au moins n'est pas encore éteinte :

1. Festre. « Trois leveures d'un festre de maison neufve couvert de tuilles, séant audit Troyes en la rue de la grand taverne. » Charte de 1464, citée dans Du Gange-. De là le dérivé festraghun ou festrage pour festage, qu'on trouve aussi dans Du

Cange.

2. Freste. Schwenck, dans son Dictionnaire étymologique de l'allemand (4^ éd.), donne ce mot comme français, à propos de firste, mais je ne l'ai pas rencontré. [*ii^//^//Vz^ et Aiglentine, V. 300; Renaut, 388, 12; 395, 25.] En revanche, c'est la forme de la langue d'oc : on trouve en ancien provençal frest au xii*" siècle 5, et frète, qui existe dans plusieurs dialectes suisses 4, est le même mot au féminin.

En résumé, voici le tableau des formes diverses de ce mot :

first ou firste

* ferst * ferste (b. ht. fersta)

f. /r. fest v.pr.ïxtsl f./r. feste r./r. festre v . pr . * {rtsiz

nortn. fét fr. faîte dial. frète

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